Une pluie nocturne rafraîchissante pour les festivaliers, mais une matinée de désolation pour des exposants à la foire. Ce lundi 27 avril 2026, au lendemain de l’ouverture officielle de la foire de la Semaine nationale de la culture à Bobo Dioulasso, plusieurs commerçants ont découvert leurs marchandises dans l’eau.
Des cartons mouillés, des sacs éventrés, sortis des stands et déposés dans la boue rouge. Des commerçants, le visage fermé, constatent les dégâts avec impuissance. À quelques mètres, de jeunes exposants fulminent de colère, pendant que des sapeurs-pompiers s’organisent pour évacuer l’eau. Mais en attendant leur intervention, certains exposants, avec des moyens de fortune, tentent de creuser des passages pour faire couler l’eau. Ainsi est l’atmosphère qui règne, ce matin, sur une partie de la foire de la Semaine nationale de la culture (SNC).

Lorsque Aminata Sawadogo arrive à son stand, c’est la désolation. « J’ai coulé des larmes », soupire l’exposante. Une bonne partie de ses cartons a été mouillée. Des bouillons et des épices sont irrécupérables. Pour une première participation à la foire de la Semaine nationale de la culture, l’expérience est amère.

« J’ai vu d’autres personnes aussi qui pleuraient. C’est ma première participation. Il faudra que les organisateurs cherchent des solutions pour nous. Ils ont nos contacts et ils peuvent nous appeler à n’importe quelle heure pour nous alerter », poursuit-elle. Elle chiffre ses pertes à plus de 400 000 F CFA.
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La tension est plus vive un peu plus loin. Un jeune vendeur de jouets ne cache pas sa colère. « Tout mon stand est dans l’eau. J’ai enlevé mes affaires et je suis en train d’essayer d’en récupérer certaines. Dans ça aussi, il y a des gens qui sont en train de me déranger. Je suis venu alerter les responsables, parce qu’actuellement, je suis à bout », rumine le commerçant, les yeux rouges.

Exposante venue du Mali, Saoudatou Maïga a aussi perdu une partie de l’encens qu’elle vend. Dans une ultime tentative de récupérer le reste de sa marchandise, elle manifeste son mécontentement. « Vraiment, nous ne sommes pas contentes aujourd’hui. Notre stand est inondé. Tout notre encens, d’une valeur de 150 000 F CFA, est détruit. Nous sommes venues du Mali où la situation n’est pas simple actuellement. Nous sommes angoissées et ici aussi », soupire la dame.
Appel à une solution pérenne
Ce n’est pas la première fois que Saoudatou Maïga voit sa marchandise inondée à la Semaine nationale de la culture. Elle rappelle qu’à une autre édition, elle s’était déjà retrouvée avec ses encens et ses pagnes dans l’eau, après une pluie.

Une situation qui l’amène, comme d’autres sinistrés, à interpeller les organisateurs de la foire sur ce problème qu’elle juge récurrent. « Nous quittons notre pays pour venir participer parce que nous sommes habituées à cela. Mais si tu viens et que tu as des pertes, ça te décourage. Qu’ils voient vraiment et aménagent bien le site, parce que nous venons avec des ressources. Et s’il y a de tels dégâts, lorsque tu repars, ce n’est vraiment pas facile », constate l’exposante malienne.

Sur place, plusieurs exposants pointent du doigt la stagnation des eaux dans certaines allées et appellent à un meilleur aménagement du site, notamment pour faciliter l’évacuation des eaux de pluie.
Au moment où nous quittions les lieux, les sapeurs-pompiers étaient toujours mobilisés pour trouver une solution. Pendant ce temps, certains exposants, les pantalons retroussés, pataugeaient dans l’eau, tentaient de sauver ce qui pouvait encore l’être. La foire de la Semaine nationale de la culture a été officiellement ouverte le 26 avril 2026 par le ministre en charge du Commerce, Serge Gnaniodem Poda.
Tiga Cheick Sawadogo
