Eux sont encore en course pour le BEPC. Alors que certains candidats ont décroché leur diplôme dès le premier tour, d’autres devront passer par le second tour pour espérer sauver leur année scolaire. Une dernière carte à jouer. Nous avons suivi deux candidats dans cette situation à Ouahigouya. Maïmouna Werme et Hubert Nikiéma. À 24 h des épreuves, malgré le stress, ils jettent toutes leurs forces dans la bataille.
En cet après-midi du 10 juin 2026, Maïmouna Werme semble avoir retrouvé ses esprits. Elle est joviale avec ses camarades. Dans une salle de son établissement, environ 30 élèves suivent avec attention une séance de correction d’exercices de mathématiques. L’ambiance est sérieuse.
Ils sont tous au second tour du Brevet d’études du premier cycle (BEPC). « C’est une seconde chance pour vous. Rien n’est perdu, on se remet au travail, inchallah ça va aller », lance l’enseignant à ses élèves. À cette étape, il ne s’agit plus seulement de leur apprendre à résoudre des équations ou à maitriser des formules. Il faut remonter le moral à ces jeunes candidats sous pression à l’idée qu’ils jouent leur dernière carte. Il y a de quoi.

A la proclamation des résultats, Maïmouna Werme, candidate du jury 10, logé au sein du lycée Sainte-Marie, avoue avoir été déçue d’apprendre qu’elle doit passer le second tour. « Je n’ai pas pu finir l’épreuve de français car le temps était insuffisant. Donc, je me dis que ça a dû jouer sur mes notes », tente-t-elle d’expliquer.
Lire aussi : 19,33 au BEPC, le crack de Manga, Abidine Koita, partage son secret
Mais, le plus important selon elle, c’est qu’elle peut se rattraper. Sa non-admission au premier tour a aussi surpris son surveillant, Boureima Diarra. « J’étais choqué qu’elle n’ait pas été admise au premier tour. C’est une élève exemplaire, assidue. Je lui dis de ne pas se décourager et qu’elle va passer le second tour », note son surveillant.
Un message qui semble être bien entendu. « Pour le second tour, je suis prête à affronter, donc je suis confiante et j’espère que ça va marcher. C’est vrai que je suis un peu stressée, mais on espère que ça va marcher », précise la jeune candidate, le sourire en coin.
Plus que déterminés
À 24 h de la composition, ce 11 juin, nous rencontrons une fois de plus Maïmouna Werme. Il est 8 h. Une fois encore, elle est en pleine séance de correction d’exercices avec ses camarades. « Pour ce matin, j’ai le courage. Je me prépare tout doucement. Il n’y a pas de panique ni de soucis. On pose beaucoup de questions à notre professeur », rassure-t-elle. Dans l’après-midi de ce jour, elle explique que ce sera le tour des exercices de français.
Si Maïmouna tente de transformer sa déception en motivation, ce n’est pas le cas de tous les candidats admissibles. Hubert Nikiéma du lycée Teel Taaba a le visage marqué par la tristesse. Assis avec quelques camarades, il feuillette ses cahiers de français. Malgré la déception, les révisions ont repris.
Par contre, il peine à trouver ses mots. Finalement, il baisse les yeux et déclare : « Sincèrement, je suis découragé et je pense que les matières qui ont fait que je n’ai pas eu au premier tour, c’est Sciences de la vie et de la terre, SVT, et Physique-Chimie, PC ». Malgré son attitude dépitée, Hubert explique s’être remis dans les révisions. Avec ses camarades dans la même situation, il multiplie la correction des sujets.

Ce 11 juin, le ministère chargé de l’enseignement secondaire a fait un bilan à mi-parcours de l’examen du BEPC. Il ressort que 88 601 candidats ont été déclarés admis sur 213 437 présents, soit un taux national de réussite de 41,51 %. Ce 12 juin, Maïmouna Werme et Hubert Nikiéma seront de nouveau face à leurs copies. Quelques heures d’épreuves pour tenter d’effacer la déception du premier tour. Et rejoindre, à leur tour, la liste des admis.
Mansour Gassambé, correspondant à Ouahigouya
