Sport scolaire : Ces jeunes talents qui rêvent de devenir les champions de demain
Match de football de l'USSU-BF entre l'équipe de la région des Koulsé (rouge) et celle du Nakambé (Jaune). Photo: Josué.

Sport scolaire : Ces jeunes talents qui rêvent de devenir les champions de demain

Le sport scolaire est un tremplin pour de nombreux jeunes talents au Burkina Faso. A travers les compétitions de l’Union des sports scolaires et universitaires du Burkina Faso (USSU-BF), certains arrivent à exprimer leurs talents. Parmi eux, se cachent de futurs champions.

Sur le terrain, certains jeunes ont déjà attiré l’attention des observateurs. C’est le cas de Hamidou Sodré, élève en classe de troisième. Tout souriant, l’adolescent brandit son trophée du meilleur joueur de la finale de football de l’USSU-BF. Le jeune attaquant a été récompensé après le match qui a opposé son équipe des Koulsé à celle du Nakambé. « Je suis très content d’avoir été détecté et élu meilleur joueur de la compétition. J’espère devenir joueur professionnel d’ici un ou deux ans grâce aux compétitions de l’USSU-BF et aux compétitions de la relève », explique le jeune footballeur.

Passionné de football depuis son enfance, Hamidou Sodré a commencé à jouer dans son établissement scolaire et dans son quartier à Kaya. Ses performances ont rapidement attiré l’attention des encadreurs de Ecoles de formation de la relève sportive (EFORS) de Kaya. Désormais, Hamidou Sodré rêve de suivre les pas de certains sportifs burkinabè passés par les compétitions scolaires. « Je veux un jour devenir professionnel comme Bertrand Traoré et jouer avec les Etalons », avoue le garçon. Pour les responsables de l’USSU-BF, l’objectif est justement de donner une chance à ces jeunes sportifs de montrer leur potentiel et de préparer la relève.

Révéler des talents cachés

Pour Karzoum Zagré, entraîneur d’une équipe de handball à Bobo-Dioulasso, les compétitions scolaires permettent de découvrir des joueurs. Quatre de ses joueurs ont notamment été repérés pour intégrer l’équipe nationale jeune de handball du Burkina Faso. Selon lui, ces résultats récompensent aussi le travail réalisé par les encadreurs dans les écoles et dans les quartiers des villes de l’intérieur du pays.

Plusieurs établissements participent aux compétitions de l’USSU-BF.

« Nous, c’est grâce à une compétition comme l’USSU-BF que nous pouvons évaluer le travail que nous avons fait et de permettre de savoir que, hormis Ouagadougou, il y a du travail qui se fait à l’intérieur du pays », souligne Karzoum Zagré.

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L’entraîneur cite notamment l’exemple de l’équipe venue de la région du Djôrô. Malgré le manque d’infrastructures sportives, cette équipe a réussi à révéler de jeunes talents grâce à l’USSU-BF. Même constat chez les filles en handball. Modeste Traoré, vainqueur de la compétition, explique que plusieurs de ses joueuses ont déjà rejoint des équipes nationales ou des centres de formation grâce aux compétitions scolaires. Pour lui, l’USSU-BF est une véritable porte d’entrée vers le haut niveau, c’est-à-dire le monde du sport professionnel où évoluent les meilleurs athlètes.

Au-delà de la recherche de talents, le sport scolaire joue aussi un rôle dans l’éducation des jeunes. Pour Benjamin Tamboura, encadreur de l’équipe des Koulsé, ces compétitions apprennent aux élèves à travailler ensemble et à affronter les difficultés. « Le sport scolaire renforce les liens au niveau de l’équipe dans la socialisation et les aide à faire face à tout ce qu’ils auront comme difficultés », relève Benjamin Tamboura.

Impliquer plus d’établissements

Match de handball entre des élèves d’un établissement avec une joueuse en suspension, balle à la main. Photo: Josué.

Selon lui, les compétitions organisées par les fédérations sportives ne permettent pas toujours à tous les jeunes de se faire une place. Le cadre scolaire offre une opportunité supplémentaire à certains, parfois moins talentueux. « Par exemple, dans mon équipe, comme c’est une sélection, il y a des jeunes issus des centres de formation. Il y a aussi des jeunes qui sont juste élèves. Ce mélange aide les autres à progresser », ajoute Benjamin Tamboura.

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Malgré l’importance reconnue du sport scolaire, plusieurs établissements ne participent toujours pas aux compétitions de l’USSU-BF. Pour Karzoum Zagré, il faut encourager davantage d’écoles à s’engager. Selon lui, une participation plus large permettra de découvrir encore plus de talents. « Ce que j’ai constaté, c’est qu’il y a plusieurs établissements qui ne s’engagent pas pour l’USSU-BF. Pourtant plus il y aura d’établissements engagés, plus nous aurons de compétitions et de meilleurs joueurs pour constituer de bonnes équipes », explique-t-il.

Il appelle également au développement des infrastructures sportives dans les établissements afin de permettre aux jeunes de pratiquer davantage.

Boukari Ouédraogo