3 juin 2026. Le laboratoire Citoyennetés est en séance de suivi de son projet FASOVEIL. Pendant une présentation, Marie Joelle Tougma lève la main et demande :« Et les femmes et les jeunes dans tout ça ? » Cette habitude, devenue presque un réflexe, lui a valu le surnom de « Madame genre » au Laboratoire Citoyennetés.
« Lors des activités, elle interpelle toujours lorsque le genre n’est pas pris en compte. Même dans la production de nos différents rapports, elle insiste constamment à ce que le genre y figure », rappelle Dahourou Touré, chargé de suivi et évaluation du projet FASOVEL au Laboratoire Citoyennetés (LC).
Deux années auparavant, le LC n’avait pas spécifiquement intégré le volet genre dans leur projet FASOVEIL. Il était sous la responsabilité du chargé de programme, Babou Zio. Les tâches ont ensuite été réparties à l’arrivée de Marie Joëlle Tougma, chargée de programme Gouvernance de services sociaux et ressources naturelles en 2024. « Quand elle est arrivée et a commencé à défendre les femmes qu’on s’est vite rendu compte qu’on avait le profil idéal pour assurer le volet genre dans FASOVEIL », poursuit le collègue de « Madame genre », Dahourou Touré.
Juriste de formation et titulaire d’un master en gestion de projet et de coopération internationale, Joelle Tougma est forte de 14 années d’expérience en gestion de projets. Elle s’est spécialisée dans les questions de gouvernance, de participation citoyenne et d’autonomisation des femmes et des jeunes. Depuis deux ans, elle met cette expertise au service du Laboratoire Citoyennetés.
Au-delà du Laboratoire Citoyennetés, elle accompagne également les organisations partenaires du projet FASOVEIL.Ce, pour que la dimension du genre soit intégrée dans leurs activités, leurs analyses et leurs actions de plaidoyer.
Faire une place aux femmes… et aux jeunes
Au-delà de FASOVEIL, Joëlle porte également le genre dans les activités du LC en général. « Il faut un certain équilibre, une équité entre les femmes et les hommes », plaide-t-elle.
‘’Madame genre’’ ne défend pas uniquement les femmes. Elle s’intéresse aussi à la jeunesse qui, d’après elle, occupe plus de 60 % de la population burkinabè. Pour elle, les jeunes doivent avoir aussi leur mot à dire dans les instances de décision. ‘’Il faut que les jeunes soient associés à la prise de ces décisions, pour une meilleure implication’’, interpelle-t-elle.
Au Laboratoire Citoyennetés, cette vision se traduit par des actions concrètes. Promotion de l’équité dans les instances de veille et de plaidoyer, accompagnement des OSC partenaires. Sans oublier l’incitation des jeunes à participer pleinement à la vie citoyenne. « Je me définirais comme une personne authentique, passionnée et intègre, engagée dans ce qu’elle fait », se définit Marie Joëlle Tougma.
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Babou Zio est le chargé de programme de gouvernance politique, économique et locale du projet FASOVEIL. Pour lui, Joëlle n’est pas seulement une collaboratrice qui a renforcé l’équipe. Mais elle est celle qui leur a permis d’améliorer leur point de vue ainsi que leur vision sur la question du genre, des femmes. « Elle est très attachée au boulot. Elle nous a permis d’avoir du tonus dans tout ce que nous entreprenons », apprécie-t-il tout en lui souhaitant de poursuivreses différents engagements avec courage et enthousiasme.

Pour « Madame Genre », les femmes ne peuvent renforcer leur leadership qu’en prenant la parole, en participant aux instances de décision. « Ça va leur permettre d’exprimer leurs ressentis, de comprendre les raisons de certaines décisions et de participer de façon consciente et responsable. Ainsi, leur leadership sera renforcé », souligne-t-elle.
Pour « Madame genre », le leadership féminin ne se décrète pas. Il se construit en donnant aux femmes les moyens de prendre la parole, de participer aux décisions et d’occuper pleinement leur place dans la société. Une conviction qu’elle s’efforce de défendre, au quotidien, au Laboratoire Citoyennetés.
Et lors de la prochaine réunion, il y a fort à parier que la même question reviendra : « Et les femmes et les jeunes dans tout ça ? » Une interrogation devenue la marque de fabrique.
Mousso News avec Studio Yafa
