Loroum : la culture de la papaye prend racine à Titao
Azèta Ouédraogo réussi à se faire un revenu grâce à la vente des papayes qu'elle vend. Photo: Studio Yafa.

Loroum : la culture de la papaye prend racine à Titao

La culture de la papaye prend de l’ampleur à Titao, dans la province du Loroum, au nord du Burkina Faso. Après la pénurie de fruits causée par le blocus de la route nationale 23 en 2022, reliant la localité à Ouahigouya, chef-lieu de la région et Ouagadougou, la capitaine du Burkina Faso, certains habitants ont choisi de planter des papayers. Aujourd’hui, cette culture aide plusieurs familles à se nourrir et à gagner de l’argent.

Dans le secteur 4 de Titao, le paysage a changé. Entre les habitations, de grands papayers aux feuilles vertes occupent désormais les concessions. Cette culture, autrefois peu répandue, est devenue une solution pour de nombreuses familles. Le fruit vendu sur le marché coûtait cher. Certaines familles n’osaient pas en acheter, car il était considéré comme réservé à des personnes privilégiées.

Aujourd’hui, cette conception a changé à Titao. Âgée d’une quarantaine d’années, Azèta Ouédraogo est déplacée interne. Cette dame, arrivée à Titao à la suite de l’insécurité, espérait obtenir un espace près du barrage pour cultiver. Mais elle n’a rien obtenu. Alors, Azèta Ouédraogo a décidé d’utiliser une partie de la concession familiale pour planter des papayers.

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Au début, certains étaient sceptiques. Mais, à la grande surprise de tous, les papayers ont bien donné. Pour elle, cette activité permet de faire face aux dépenses du quotidien. « S’il y a un baptême en ville auquel je dois participer, j’enlève et je vends pour y aller. Si c’est un mariage, c’est la même chose. Et à chaque fois, les gens passent leurs commandes », explique Azèta. Elle a abandonné derrière elle une grande partie de ses biens. Du fait de l’insécurité, le gouvernement et ses partenaires ont mis en place des programmes de soutien aux personnes vulnérables, notamment aux personnes déplacées. Avec ses papayers, Azèta n’a plus besoin de compter uniquement sur l’aide humanitaire.

Une culture qui fait vivre les producteurs

Non loin de là, Loukmane Yabao entretient ses jeunes plants. Sur son terrain, près de 350 papayers ont été plantés. Les premières fleurs de ces plants annoncent une bonne récolte attendue en décembre. Selon lui, cette culture a changé la vie de sa famille. Les revenus obtenus lui ont permis d’acheter des motopompes et de financer ses activités de contre-saison. Il encourage les autres producteurs à cultiver en quantité pour améliorer leurs revenus.

Le périmètre de papayer d’un producteur à Titao. Photo: Studio Yafa.

Ce qui était au départ une simple expérimentation est en train de devenir une véritable activité économique. Les producteurs de Titao Salou Harouna approvisionnent déjà d’autres localités, notamment Ouahigouya. Malgré un contexte sécuritaire toujours difficile, les cultivateurs poursuivent leurs efforts. Cependant, la production nécessite quelques moyens. « Le terrain est disponible pour la production des papayers, mais si tu n’as pas les moyens, c’est difficile de produire en grande quantité. Toute sorte de spéculations que vous choisissez pour la production, produisez en grande quantité, ce sera rentable », regrette quand même Loukmane.

Les conseils des agents agricoles

Ces expériences ont suscité l’intérêt des autorités en charge de l’agriculture au niveau local. Le chef de zone agricole de Titao suit de près le développement de cette nouvelle filière. Lors de ses visites dans les vergers, il rappelle les bonnes pratiques à respecter.

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« Le papayer, comme les autres plants, a besoin d’un sol riche en éléments fertiles. Pour cela, il faut maximiser la production et l’utilisation de la fumure organique, augmenter aussi le suivi de l’état phytosanitaire des plants et respecter les écartements entre les lignes et entre les poquets. Si on respecte ces écartements, les papayers auront beaucoup d’espace pour leur développement, et la production sera maximale », recommande le chef de zone. A travers la production de la papaye, les producteurs participent à renforcer les revenus des ménages et contribuent à l’objectif de souveraineté alimentaire.

Soumaïla Ganamé/Correspondant