Burkina Faso: la prévention fait reculer la dengue et le paludisme
Personne couchée sous une moustiquaire avec son enfant. Photo OMS.

Burkina Faso: la prévention fait reculer la dengue et le paludisme

Le Burkina Faso enregistre une forte baisse des décès liés au paludisme. Les autorités attribuent ce résultat à une stratégie qui combine moustiquaires, vaccination, traitements préventifs et pulvérisation des domiciles. Des habitants et des soignants témoignent de l’importance de consulter dès les premiers symptômes.

Rachidou se souvient encore de la maladie qu’elle a traversée en 2023. Au début, elle pensait souffrir du paludisme. Les premiers symptômes étaient des maux de tête, comme c’est souvent le cas pour les deux maladies. « C’était épuisant. Et quand le mal vous prend, Aahh franchement les mots me manquent.

Personnellement, de mon expérience, je dis que ça ne s’explique pas, ça se vit », raconte-t-elle. Mais après avoir perdu un proche de la dengue, elle préfère se rendre rapidement dans un centre de santé plutôt que de pratiquer l’automédication.  Les examens confirment qu’il s’agit bien de la dengue.

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Après le diagnostic, elle décide de se soigner.  La maladie a pesé sur toute sa famille. « C’est épuisant financièrement, émotionnellement. Vraiment très difficile à vivre. Tout votre entourage est épuisé, tout le monde est stressé », explique Rachidou. Pour retrouver la santé, elle a dû faire beaucoup de dépenses.  « Je pense que ça va dans les 800 mille francs en l’espace de deux semaines », regrette-t-elle.

Changer les habitude

Ali Tamboura a lui aussi connu le paludisme en novembre 2023. Depuis cette épreuve, il a changé plusieurs habitudes pour mieux protéger sa famille. « D’abord, toute la famille dort sous moustiquaire. Ensuite, j’utilise des produits aussi bien au bureau qu’à la maison. Et il est conseillé de ne pas avoir de retenue d’eau parce que ça favorise la multiplication de ce vecteur-là », explique-t-il.

Il suit surtout les conseils donnés par les soignants, à savoir ne pas attendre lorsque les premiers signes apparaissent. « Au premier signe dans votre corps, il ne faut pas se dire que c’est la fatigue. Il faut aller directement dans un centre de santé pour consulter », prévient-il.

Depuis la déclaration de la dengue, les autorités ont renforcé les actions contre les maladies transmises par les moustiques. Elles ont notamment créé le Secrétariat permanent pour l’élimination du paludisme (SP/Palu).  Selon cette structure, le paludisme est passé de la première à la quatrième cause de mortalité au Burkina Faso. Ousseini Kondo, conseiller de santé au SP/Palu, explique que plusieurs mesures ont été élargies comme la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS).

Des traitements preventifs

« Nous avons fait une extension de la CPS. Habituellement, elle concernait les enfants de trois à cinquante-neuf mois. Depuis l’année passée, nous avons ajouté les cinq à neuf ans dans six districts du pays. Nous avons commencé la vaccination en février 2024 et nous l’avons étendue à tous les districts du Burkina en août 2025 », précise-t-il.

La stratégie comprend aussi d’autres actions de prévention. Des traitements préventifs intermittents au cours de la grossesse sont également administrés, des visites à domiciles et des séances de pulvérisations. Chaque semaine, les districts sanitaires partagent également leurs données pour suivre l’évolution de la maladie et adapter les interventions.

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Au district sanitaire de Pô, dans le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA), dans le Sud du pays, les équipes observent elles aussi une baisse des cas. Le Dr Daniel Kaboré estime que la combinaison de plusieurs mesures produit des résultats. « Cette année, avec les mesures combinées, vaccin et chimioprophylaxie, cela a contribué considérablement à une réduction. Il n’y a pas assez de cas de palu. Les rares cas concernent généralement des enfants, qui sont des sujets très fragiles. La population collabore, et tout cela a permis de réduire le paludisme », explique-t-il.

A l’échelle nationale, les cas de paludisme sont passés de plus de 10,8 millions en 2024 à 7,3 millions en 2025, soit une baisse de 32 % selon des chiffres fournis par le ministère en charge de la santé. Les autorités du Burkina Faso veut éliminer le paludisme d’ici 2030. Elles invitent toutefois la population à poursuivre les gestes de prévention, notamment l’utilisation des moustiquaires, l’assainissement du cadre de vie et la consultation rapide dans un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes.

Salamatou Dicko