Des élèves, des jeunes, des chefs coutumiers et des citoyens venus de plusieurs localités du Burkina Faso ont pris part, vendredi 2 octobre 2026 au SIAO, à un échange direct avec le ministre en charge de la Défense patriotique. La rencontre s’inscrit dans le cadre de la 2e phase de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC). L’occasion pour les participants de soumettre directement leurs préoccupations et leurs propositions au membre du gouvernement.
Dans la salle, les regards sont attentifs. Une majorité de jeunes, venus de différentes localités du pays, attendent leur tour pour prendre la parole. Les premiers échanges portent principalement sur la situation sécuritaire.
Cette exposition gouvernementale, prévue du 2 au 9 octobre 2026, présente les réalisations de l’action publique. Elle a été visitée vendredi par le président du Faso et le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui y voit l’une des principales innovations de cette phase des JEPPC.

« Nous avons tenu à ce que ce ne soit pas juste une exposition institutionnelle », a expliqué ce dernier. Des rencontres programmées prévoient ainsi la présence des ministres sur les stands pour répondre aux préoccupations des visiteurs. Les participants peuvent poser leurs questions, exposer leurs difficultés et formuler des recommandations.
Du bilan aux préoccupations des populations
Avant les échanges avec la population, le ministre présente le bilan des actions menées par son département, notamment en matière de sécurité et de lutte contre les groupes armés. Les localités libérées, les acquis enregistrés, les collaborations militaires et les victoires obtenues lors des attaques sont notamment abordés.
Après cette présentation, les participants prennent à leur tour la parole. Leurs interventions portent notamment sur la situation sécuritaire dans certaines localités et les difficultés rencontrées par les communautés. Le premier intervenant, un chef coutumier de Bourzanga, évoque les difficultés de sa localité, éprouvée par les violences terroristes. Il demande notamment le renforcement des convois à destination de la commune et une aide face aux dégâts causés aux récoltes.
« On a demandé au ministre de nous octroyer un autre convoi pour Bourzanga. Nous sommes plus de 400 000 habitants avec un convoi dans le mois. On veut deux convois. Nous avons aussi demandé de l’aide parce que les oiseaux ont gâté nos récoltes », plaide-t-il.

Le ministre, attentif, écoute. Un autre intervenant s’empare du micro. Soumaïla Nikiema, Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) originaire de Mangodara, une zone frontalière, reconnaît le travail effectué par l’armée dans cette zone. Il demande toutefois un renforcement du dispositif sécuritaire.
« Je viens de Mangodara. À la frontière entre le Burkina et la Côte d’Ivoire. Il y a déjà la BIR 17 qui abat un réel travail là-bas. Mais nous avons demandé au ministre d’envoyer des VDP pour appuyer la zone », indique-t-il. Au fil des interventions, les participants exposent leurs préoccupations à tour de rôle.
Après 3 prises de parole, place est maintenant aux réponses du Ministre. Il apporte des éclaircissements sur les questions soulevées. Il assure que des dispositions seront prises pour donner suite aux différentes préoccupations.
Une parole directe, des attentes précises
Parmi les participants, Laraba Nikiema, venu du Namentenga, évoque également le grand banditisme dans sa commune. Selon lui, les populations vivent dans la crainte des actes de pillage. « Il y a ces grands bandits qui pillent hommes, femmes et enfants. Notre population est apeurée. Donc, ma doléance était de poser le problème au Ministre et espérer une réponse rapide face à ce fléau », nous dira-t-il. Laraba indique avoir reçu des assurances du ministre quant à une réponse à cette préoccupation.
Venue du Sud-Ouest, Yasmine Kabré a également pris part à cette rencontre. Pour elle, cette initiative offre aux populations la possibilité de présenter leurs difficultés directement aux responsables gouvernementaux, sans se limiter à écouter leurs communications.
« L’initiative était bonne parce que c’est une 1ère qu’un ministre soit face-à-face avec la population pour répondre aux problèmes que les gens rencontrent », estime-t-elle. Pour elle, cette proximité est utile, car elle permet aux responsables gouvernementaux de prendre directement connaissance des difficultés rencontrées par les populations. Elle dit toutefois attendre désormais des suites concrètes aux préoccupations soulevées.
Jusqu’au 9 octobre prochain, les ministres passeront devant des citoyens pour dire ce qu’ils ont fait, récolter des doléances et apporter des réponses aux préoccupations.
Mousso News avec Studio Yafa
