Jeux Olympiques 2028 : les Étalons dames rêvent d’une première participation
L'équipe nationale féminine du Burkina Faso est en regroupement pour les éliminatoires des Jeux olympiques 2028 chez les dames. Photo: Studio Yafa, Ouagadougou, 06 octobre 2026.

Jeux Olympiques 2028 : les Étalons dames rêvent d’une première participation

Le Burkina Faso affronte la Guinée Equatoriale pour le match aller du deuxième tour des éliminatoires des Jeux Olympiques 2028 de Los Angeles. Pour ce début des éliminatoires, les Etalons dames ont repris le chemin des entraînements depuis quelques jours. Nous avons assisté à l’une de leurs séances ouvertes.

18 h 00 au stade du 4-Août de Ouagadougou. La pelouse commence à retrouver de l’animation. Les Etalons dames arrivent progressivement pour une nouvelle séance d’entraînement. Quelques joueuses échangent entre elles, pendant que le staff technique se prépare à prendre les choses en main. L’équipe prépare une nouvelle échéance. Cette fois, il s’agit des éliminatoires des Jeux Olympiques 2028 prévus à Los Angles aux Etats-unis.

Quelques mois après leur élimination au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine 2025 au Maroc, les joueuses veulent repartir sur de nouvelles bases. Un nouvel entraîneur est désormais à la tête de l’équipe. Il s’agit d’Issa Balboné. Dans la journée, la Fédération burkinabè de football (FBF) avait annoncé sa nomination comme sélectionneur de l’équipe nationale féminine.

Sofiane Agrirrane, s’assure de la bonne forme physique des Etalons dames. Photo: Studio Yafa, Ouagadougou, 06 octobre 2026.

Une compétition pour se relancer

Avant le début de la séance, le président de la Fédération burkinabè de football (FBF), Oumarou Sawadogo, s’avance vers les joueuses. Debout au milieu du groupe, il prend quelques instants pour leur adresser un message. Le président revient sur la dernière CAN et invite les joueuses à regarder devant elles. « Depuis la dernière CAN, on ne s’était pas retrouvés. Je tenais à vous dire d’oublier tout ce qui s’est passé parce que la compétition ne s’est pas déroulée comme on l’aurait souhaité. L’essentiel, c’est de pouvoir se relever », explique-t-il.

Désormais il faut se concentrer sur la suite et donner le meilleur de soi-même. Après cette courte intervention, les joueuses se mettent en place. Une prière précède le début des exercices. Puis, le préparateur physique prend les commandes. Pendant plusieurs minutes, les joueuses travaillent sans ballon. Elles enchaînent les exercices d’étirements puis de course. Le préparateur physique donne les consignes d’une voix forte. Malgré le rythme de la séance, l’ambiance est bon enfant. Après une quinzaine de minutes, le préparateur physique accorde une première pause.

Oumarou Sawadogo, le président de la FBF a encouragé l’équipe nationale féminine pour la nouvelle échéance qu’elle aborde. Photo: Studio Yafa, Ouagadougou, 6 octobre 2026.

Juste le temps de se désaltérer et l’entraînement reprend. Cette fois, le ballon fait son apparition. Réparties en plusieurs groupes, les joueuses poursuivent leur échauffement avec le ballon. Un peu plus loin, les trois gardiennes travaillent à part avec leur entraîneur. Leur séance est différente, plus spécifique. Elles multiplient les exercices avec le ballon, sous les indications de leur encadrement.

Balboné veut poursuivre le travail

Pendant ce temps, Issa Balboné observe. Le nouveau sélectionneur échange régulièrement avec ses adjoints tout en suivant les exercices en attendant de prendre le relais. Le technicien burkinabè connaît déjà bien le football national. Il est passé par plusieurs sélections, des moins de 17 ans aux moins de 23, sans oublier l’équipe nationale locale et son rôle d’adjoint chez les Etalons A avec Brama Traoré.

Sa nouvelle mission est de conduire les Etalons dames vers une nouvelle étape. Son prédécesseur, Pascal Sawadogo, avait permis au Burkina Faso de se qualifier pour deux CAN, en 2022 et en 2026. Lors de ces deux participations, les Etalons dames n’avaient pas réussi à franchir le premier tour.

Issa Balboné, au milieu de certains de son staff veut faire mieux que Pascal Sawadogo. Photo: Studio Yafa, Ouagadougou, 6 octobre 2026.

Issa Balboné veut donc poursuivre le travail et tenter d’aller plus loin. Mais avant de penser à la suite, il faudra réussir l’entrée dans ces éliminatoires des Jeux Olympiques. Le Burkina Faso reçoit la Guinée Equatoriale le jeudi 8 octobre 2026 au stade du 4-Août de Ouagadougou. Le nouveau sélectionneur commence par rendre hommage au travail effectué par son prédécesseur.

« Il faut vraiment saluer le coach. Pascal a fait un bon boulot, il a vraiment bâti un bon groupe. Il faut le dire, parce que se qualifier pour deux CAN, il faut le faire. Je pense que Pascal a vraiment, comme je l’ai dit, fait un bon groupe. Ce groupe est là, je suis là pour continuer ce qu’il a commencé. Je pense que les enfants aujourd’hui sont vraiment prêts à défendre les couleurs du Burkina Faso », salue Issa Balboné.

Pour lui, le temps est désormais compté. Il reste peu de jours pour préparer cette première confrontation. Nous allons nous préparer pour atteindre nos objectifs. « Les enfants sont vraiment prêts et nous allons continuer à travailler », assure-t-il.

Pour aller aux Jeux Olympiques, le Burkina Faso devra toutefois franchir plusieurs étapes. Le chemin passe d’abord par la Guinée Equatoriale, une sélection qui connaît déjà le haut niveau continental. « Je pense que pour arriver au bout, il faut battre les grandes nations. Nous sommes sur cette dynamique », prévient Issa Balboné.

Les trois gardiennes à l’échauffement avec leur entraîneur. Photo: Studio Yafa, Ouagadougou, 6 Octobre 2026.

La Guinée Equatoriale a remporté deux fois la Coupe d’Afrique des nations féminine. Pour autant, Issa Balboné ne veut pas se focaliser uniquement sur le passé de son adversaire. Il assure que le Burkina Faso a aussi progressé. « Mais, avec le temps passé, nous avons su que c’est une équipe qui joue bien au football. Et nous allons nous préparer. Le Burkina aussi, aujourd’hui, a vraiment atteint un certain niveau où il ne faut pas nous négliger », ajoute-t-il. L’équipe de la Guinée Equatoriale n’était pas à la précédente CAN.

Les Jeux Olympiques, un rêve

Au sein du groupe, Charlotte Milogo connaît bien les exigences de la sélection. La capitaine des Etalons dames est présente depuis plusieurs années. Elle a participé aux deux dernières CAN sous les ordres de Pascal Sawadogo. Avec l’arrivée d’Issa Balboné, elle s’attend à une nouvelle étape. « Avant le coach Pascal, il y avait un autre coach qui était là. Lui, il est venu continuer ce travail. Aujourd’hui, le coach Balboné également, il est venu pour prendre la suite. Du coup, nous, de notre côté, nous allons nous concentrer, appliquer des conseils qu’il va donner afin d’aborder ce match », insiste la capitaine.

Le Burkina Faso n’a jamais participé aux Jeux Olympiques de football chez les dames. Une qualification pour Los Angeles 2028 permettrait donc à cette génération d’entrer dans l’histoire du football féminin burkinabè. Charlotte Milogo ne cache pas son envie d’aller au bout. « C’est un rêve comme tout compétiteur. Quand on a décidé de se lancer dans cette compétition, c’est pour se qualifier », conclut-elle. Deux places sont réservées à l’Afrique pour les Jeux Olympiques. Le Burkina Faso espère avoir l’une des places.

Boukari Ouédraogo