Au Burkina Faso, le badminton avance malgré les obstacles
Des jeunes joueurs au badminton en salle. Photo: Studio Yafa.

Au Burkina Faso, le badminton avance malgré les obstacles

En dix ans, le badminton a fait son chemin au Burkina Faso. La discipline commence à faire parler d’elle sur la scène internationale. Malgré les performances, le manque d’infrastructures adaptées reste un frein à son développement.

Il y a dix ans, un groupe de passionnés de badminton introduisait la discipline au Burkina Faso à travers la création d’une fédération. Une dizaine d’années plus tard, le badminton a évolué et rapporte des lauriers au pays grâce à certains joueurs de l’équipe nationale. Mercredi 23 septembre 2026, sous une fine pluie, l’équipe nationale de badminton débarque à l’aéroport de Ouagadougou, de retour d’Ouganda.

Rachidatou Bilgo fait partie des meilleures joueuses de badminton au Burkina Faso. Photo: Africa badminton confédération.

Dans ses bagages, une médaille d’or et 10 médailles de bronze remportées lors des championnats d’Afrique de air badminton. Le badminton est une discipline semblable au jeu de tennis mais qui se joue avec des volants au lieu de balles de tennis. La version air badminton se joue en plein air, notamment sur la plage. Une belle moisson, quand on sait que le Burkina Faso ne dispose ni de plage ni de terrain adapté à cette variante du badminton, comme le reconnaît le président de la Fédération burkinabè de badminton (FEBBAD), Boukaré Ouédraogo. « Vous savez que l’air badminton se joue sur un terrain sablonneux, notamment au niveau de la plage. Alors que nous jouions sur des terrains en béton. Ce n’est pas donc pas facile », regrette Boukaré Ouédraogo.

Une discipline qui avance

Grâce à leur doublette composée de Samiratou Maiga et Latifatou Belem, les Burkinabè se sont illustrés dans cette discipline face à des adversaires plus habitués à jouer en plein air et sur la plage. Les deux joueuses ont dominé leurs adversaires, créant ainsi la surprise. « Quand nous sommes allés en Ouganda, on nous avait qualifiés d’outsider. Mais lorsque nous avons commencé à battre certains adversaires, les gens ont commencé à comprendre », explique Boukaré Ouédraogo avec une pointe de fierté.

Au quartier Somgandé de Ouagadougou, plusieurs jeunes pratiquent le badminton. Parmi eux, Rachidatou Bilgo. Agée d’une dizaine d’années, elle pratique le badminton depuis environ cinq ans. Dans sa catégorie, la jeune fille domine la concurrence. Depuis quatre ans, elle est championne du Burkina Faso de badminton. Sa rencontre avec la discipline est presque le fruit du hasard.

De jeunes filles s’affrontant lors d’un tournoi de badminton à Ouagadougou. Photo: Studio Yafa.

Mais, c’est grâce à l’un de ses enseignants qu’elle apprend à connaitre la discipline et le pratiquer.  « J’étais en classe et notre professeur d’EPS est venu nous dire qu’il y a une nouvelle discipline qu’on appelle le badminton. Il a demandé ceux qui voulaient jouer. Je me suis inscrite et j’ai vu que c’était intéressant », se souvient Rachidatou Bilgo. Plusieurs autres élèves l’ont accompagnée. Mais aujourd’hui, certaines ont dû abandonner pour diverses raisons.

Du football au badminton

Chez les garçons, Fayçal Kafando domine également la discipline. C’est à l’école que lui aussi a découvert le badminton. Depuis, le jeune homme a été sacré plusieurs fois champion national. « Je jouais au football. Mais depuis que j’ai appris à jouer au badminton, j’ai dû arrêter pour me consacrer à cette discipline. Quand les gens n’y jouent pas, ils ne connaissent pas en quoi c’est intéressant », assure-t-il.

Champion national, Fayçal Kafando a également représenté le Burkina Faso dans plusieurs compétitions internationales. Sa maman, d’abord hésitante, est désormais son premier soutien et assiste parfois à ses compétitions. « J’ai remporté deux médailles d’or cette année au championnat et une médaille d’argent. J’avais pourtant promis les trois médailles à ma maman. C’est mon seul regret », confie-t-il, non sans fierté.

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Depuis ses débuts, la jeune Rachidatou dit prendre du plaisir à pratiquer cette discipline, tout en profitant des opportunités qu’elle lui offre. « On a des occasions de voyager. On est allé au Ghana, en Ouganda. C’est grâce au badminton », assure-t-elle. Au-delà des voyages, elle a également bénéficié de plusieurs récompenses, notamment des motos offertes à l’issue de compétitions remportées.

Après dix ans de pratique, Boukaré Ouédraogo estime que le Burkina Faso peut rivaliser avec certaines grandes nations du badminton, parfois mieux dotées en moyens. Toutefois, le déficit d’infrastructures dans le pays freine le développement de la discipline. Le président de la FEBBAD plaide ainsi pour la mise en place d’infrastructures adaptées, afin de permettre aux jeunes badistes de mieux s’entraîner et de représenter dignement le Burkina Faso sur la scène continentale.

Boukari Ouédraogo