Après 39 éditions consacrées au football, la Coupe du Faso s’ouvre à onze autres disciplines sportives. Le temps d’un week-end, Ouagadougou a vibré au rythme de plusieurs compétitions. Une occasion pour les jeunes athlètes de se mesurer à d’autres adversaires, de gagner en expérience et de mieux préparer les prochaines échéances internationales.
Au Stade du 4-Août de Ouagadougou, les athlètes viennent de finir les différentes épreuves. La région du Guiriko, située à l’Ouest du Burkina Faso, sort victorieuse de cette première édition de la Coupe du Faso en athlétisme. Parmi les champions, Ali Berthe, spécialiste du saut et du 400 mètres. Pour lui, cette compétition est un rendez-vous important pour poursuivre sa préparation. Champion national du Burkina Faso, le jeune athlète entend tirer profit de cette échéance supplémentaire pour améliorer ses performances.
Même son de cloche chez Zalissa Zongo. Engagée dans les épreuves de saut et de course, la jeune athlète prépare les Jeux olympiques de la jeunesse prévus à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026. Pour elle, la Coupe du Faso constitue une occasion de s’améliorer avant les prochaines échéances. Au saut en longueur, elle vise les 14 mètres. « Même si je fais un très bon 13 mètres, ça m’aide. Mais j’aimerais faire 14 mètres. Cette compétition m’a permis de voir où m’améliorer », explique-t-elle.

Une occasion pour les jeunes athlètes
Pour Ali Berthé, la Coupe du Faso est surtout une occasion de rester en compétition et de continuer à progresser, malgré une saison déjà longue. « Ces résultats sont satisfaisants parce que la saison a été longue. Cette compétition nous permet d’avoir plusieurs compétitions », se réjouit le jeune athlète, qui espère désormais atteindre les 16,20 mètres.
Au-delà des performances individuelles, cette édition de la Coupe du Faso vient combler, en partie, le manque de compétitions dont souffre l’athlétisme burkinabè. Une initiative saluée par Missiri Sawadogo, notamment pour l’augmentation des récompenses et la participation des athlètes venus de presque toutes les régions du pays. « Les jeunes n’ont jamais eu l’occasion d’avoir autant d’argent. Et cette initiative a permis à toutes les régions, sauf le Liptako, de participer à cette compétition. C’est ce que nous attendions », souligne-t-il.
Des athlètes confirment leur forme
Selon le directeur technique de la Fédération burkinabè d’athlétisme, 22 épreuves se sont disputées à l’occasion de cette compétition. Il retient également les performances réalisées par certains athlètes, notamment Sibiri Sita et Zalissa Zongo qui règnent déjà sur la scène continentale.
Pour lui, la mobilisation des moyens permet aussi de donner davantage de visibilité à l’athlétisme jusque dans les provinces du pays. « En plus, les moyens permettent qu’on ne parle pas d’athlétisme uniquement à Ouaga et à Bobo », se réjouit Missiri Sawadogo.

Sur les tatamis, l’enthousiasme est également perceptible. Après le championnat organisé la veille, la Fédération burkinabè de judo a enchaîné avec la Coupe du Faso. Cette nouvelle compétition permet aux judokas d’engranger de l’expérience. Faisal Ouédraogo, champion national, a encore confirmé lors de cette compétition. Pour lui, c’était l’une des opportunités qu’il attendait. « On aimerait avoir beaucoup de compétitions. Cette compétition est une bonne initiative. On espère maintenant des compétitions à l’extérieur. Au Burkina Faso, il y a de bons compétiteurs, mais on n’a pas d’infrastructures », regrette-t-il.
Aider les athlètes à s’aguerrir
Le manque de compétitions est également une préoccupation dans le milieu du judo. Selon le président de la Fédération burkinabè de judo, Pimbi Nikièma, les occasions de se mesurer à d’autres adversaires restent limitées pour les athlètes. « Sur l’échiquier national, un judoka burkinabè n’a que deux compétitions. Et toute l’année, il n’y a plus rien. Mais avec une telle initiative, cela va aider les athlètes à s’aguerrir pour être plus performants », salue-t-il. Il espère que cette ouverture de la Coupe du Faso permettra aux judokas de gagner en expérience et de mieux se préparer aux compétitions internationales.
Du côté de la pétanque, l’initiative est aussi bien accueillie. La fédération envisageait déjà d’organiser, avec ses propres moyens, une Coupe du Faso et une Super Coupe pour offrir davantage de rencontres aux boulistes. L’intégration de la discipline à cette compétition vient donc répondre à une attente.
Les moyens mobilisés ont permis de réunir près de 116 triplettes, avec une participation élargie aux boulistes venus de l’intérieur du pays. Une mobilisation dont se réjouissent les responsables de la fédération. « C’est un pari réussi. La meilleure leçon que nous tirons à l’issue de cette Coupe, c’est que le Burkina Faso est un et indivisible », affirme l’un d’eux.
Au total, onze disciplines ont pris part à cette ouverture de la Coupe du Faso : l’athlétisme, les sports pour personnes handicapées, le volleyball, le handball, le rugby, la lutte, la boxe, la pétanque, le karaté-do, le taekwondo et le cyclisme. Les organisateurs envisagent déjà d’étendre la compétition à d’autres disciplines lors des prochaines éditions, afin de multiplier les occasions de compétition pour les athlètes burkinabè.
Boukari Ouédraogo
