Le Faso Danfani, les objets en bronze du Burkina Faso, le bogolan et les bijoux du Mali, ainsi que la maroquinerie nigérienne se côtoient au village artisanal de Bobo-Dioulasso. En marge de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture, la 2ᵉ édition de la Semaine de la fraternité de l’Alliance des États du Sahel réunit des artisans venus des trois pays. À travers leurs savoir-faire, ils mettent en lumière les liens culturels qui rapprochent les peuples de l’Alliance des Etats du Sahel.
Au Village des communautés, l’Alliance des États du Sahel (AES) a installé son pavillon. Le stand attire des visiteurs curieux de découvrir les produits exposés, mais aussi d’en savoir davantage sur les missions de la Confédération. Entre les objets d’art, les habits traditionnels, les bijoux, les boissons locales et les échanges avec les exposants, le message des organisateurs est de faire de la culture un pont entre les peuples de l’espace AES.

Artisan de Kidal, au Mali, Sidimon participe pour la première fois à la Semaine nationale de la culture. Dans son espace, il expose des bracelets, du bogolan et des tableaux. L’artisan touareg se réjouit de l’accueil réservé aux produits maliens. « Les gens sont contents, ils viennent visiter », confie-t-il. Pour lui, cette rencontre est une occasion de montrer une partie du savoir-faire touareg aux festivaliers de Bobo-Dioulasso.
Non loin de lui, Yacouba Ousmane Sangaré, également du Mali, propose du bogolan, décliné en chemises et en boubous. Il expose aussi des statuettes, des colliers et des bijoux. Il dit être satisfait de l’organisation et heureux de représenter son pays dans ce cadre. « C’est une joie pour moi d’exposer dans ce stand AES. Ça me plaît de représenter mon pays », explique-t-il, tout en invitant les citoyens des trois pays à venir soutenir les artisans et à fraterniser.
L’unité par la culture
Le Burkina Faso est aussi bien représenté dans le pavillon. On y retrouve du Faso Danfani, du koko dunda, des jus naturels, du vin local et du bandji. Pour Bado Erica Celia, bénévole au stand de l’AES, l’espace a quelque chose de particulier. « Ici, c’est la diversité. Nous avons à peu près les mêmes cultures, elles se rejoignent, mais il y a toujours une particularité », souligne-t-elle. Elle dit voir dans cette initiative une famille qui grandit progressivement.

Du Niger, Lawali est venu avec des produits artisanaux de son pays. Lui aussi se réjouit de l’intérêt des visiteurs. Selon lui, les festivaliers apprécient les produits nigériens. Sa présence à cette semaine de la fraternité est une opportunité de faire connaître l’artisanat nigérien et d’échanger avec les autres exposants de l’espace AES.

Pour Boukari Malgoubri, président de la commission chargée de la Semaine de la fraternité de l’AES, cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité de la première, organisée au Mali. Il explique que l’idée est de créer un cadre où les peuples des trois pays peuvent partager leurs patrimoines culturels. « Comme nous sommes dans une dynamique communautaire au sein de l’AES, il était de bon ton qu’on trouve un espace où les peuples vont partager leurs différents patrimoines culturels. C’est l’AES sous le format culturel qui se définit ici », indique-t-il.
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Au-delà de l’exposition, le pavillon de l’AES accueille aussi des activités de sensibilisation, des panels et des prestations artistiques. Les organisateurs veulent profiter de la forte affluence à la SNC pour parler de l’AES, de ses objectifs et de l’importance de l’unité entre les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Le choix de l’aménagement du stand participe aussi au message. Ici, pas de barrières entre les exposants des différents pays. Les produits sont présentés dans un même espace. « Vous verrez qu’il n’y a pas de cloison. C’est sans barrière », fait remarquer Boukari Malgoubri.
Au village artisanal de Bobo-Dioulasso, la Semaine de la fraternité de l’AES se veut donc plus qu’une simple exposition. Elle est un lieu de découverte, de commerce, d’échanges et de rapprochement.
Tiga Cheick Sawadogo
