A Banfora, le centre Rawelguissom, seul établissement dédié aux enfants sourds et malentendants de la région des Tannounyan, fait face à des difficultés. Faute de nourriture et de soutien, l’établissement pourrait fermer.
Au secteur 6 de Banfora, à quelques mètres de l’école primaire Filantama B. Alors que les cris et les rires des élèves en pleine récréation se font entendre, de l’autre côté, c’est le silence plat. Un autre monde au centre Rawelguissom. Ce centre accueille des enfants sourds, muets et malentendants venus de toute la région des Tannounyan (ex Cascades) à Sud-Ouest du Burkina Faso. C’est là que ces enfants malentendants et sourds-muets partagent quelques moments de joie avec des gens qui comprennent leur situation.
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Mais aujourd’hui, l’établissement traverse une crise profonde. En entrant dans la cour, le constat est inquiétant. Les bâtiments sont dégradés. La seule salle de classe ne dispose ni de portes ni de fenêtres en bon état. A l’intérieur, les tables-bancs sont abîmées et presque inutilisables. Ce matin-là, les élèves sont absents. Ils sont repartis chez eux, fait savoir le fondateur du Centre Omar Ouédraogo. « Depuis un certain temps, nous n’avons pas de vivres. Les enfants sont venus, mais il n’y avait rien à manger. Ils ont attendu jusqu’à 9 heures, puis ils sont repartis », fait-il savoir, tout triste.
Difficile de maintenir les enfants sans nourriture
Pourtant, la cantine de cet établissement joue un rôle important. Pour beaucoup d’élèves, c’est le seul repas de la journée. Sans nourriture, il devient difficile de les maintenir à l’école. Face à cette situation, l’équipe de reportage a exceptionnellement financé un repas au lendemain de sa visite. Alors, les élèves sont revenus. Pendant quelques heures, le centre a retrouvé un peu de vie même cette solution reste temporaire.
Au quotidien, le fonctionnement du centre repose presque entièrement sur les efforts du fondateur. Pour subvenir aux besoins de la structure, il mène une double vie. « Chaque soir, je vends de l’attiéké avec du poisson et du poulet. Je rentre vers 3 heures du matin, puis je reviens ici à 6h30 », détaille-t-il, visiblement épuisé. Il n’a plus les moyens de financer la cantine.
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Crée en 2016, il est le seul établissement spécialisé pour les enfants malentendants dans la région. Il permet à des dizaines d’enfants d’accéder à une éducation adaptée et à une certaine autonomie.
Pour les parents, ce centre constitue un soulagement. « Je suis contente. Même si elle ne parle pas, ce n’est pas grave. Le plus important, c’est qu’elle puisse aller à l’école et apprendre », témoigne Alimatou Drabo, mère d’une élève. Depuis près de dix ans, le centre Rawelguissom se bat pour l’inclusion de ces enfants souvent oubliés. Mais aujourd’hui, son avenir est incertain. Sans un soutien financier et institutionnel, ses portes pourraient se fermer définitivement.
Awa Mouniratou Tankoano
