Pendant un mois, des centaines d’élèves de Bobo-Dioulasso ont troqué une partie de leurs vacances pour participer à des ateliers de danse, de contes, de cuisine, d’artisanat ou encore d’histoire du Burkina Faso. Lancé à titre pilote dans deux régions du pays, le Mois artistique et culturel (MAC) veut faire de l’école un lieu de transmission des savoir-faire et des valeurs culturelles.
Les vacances scolaires ont commencé depuis plusieurs semaines. Pourtant, au complexe scolaire Alpha Solidarité, dans le secteur 21 de Bobo-Dioulasso, les salles de classe ne sont pas totalement silencieuses. Des éclats de rire, des chants, des vuvuzelas et des pas de danse remplacent le bruit habituel des cours. Sous un hangar aménagé pour l’occasion, une centaine d’élèves participent au Mois artistique et culturel.

Assise avec ses camarades autour d’un atelier de vannerie, Fadila Maïmouna Drabo découvre des savoir-faire qu’elle ne connaissait jusque-là qu’à travers les récits de ses parents.. « Nous avons appris à fabriquer des canaris, des paniers et à exécuter les danses traditionnelles de chez nous. Pendant ce MAC, on a aussi appris à conter, des leçons de vie et à valoriser nos cultures », explique l’élève en classe de CM2
Au-delà des activités culturelles, les élèves disent avoir appris à mieux vivre ensemble.. Cet aspect a surtout marqué Oumou Latifa. « Nous sommes ensemble, nous jouons ensemble. J’ai appris beaucoup de choses que ne nous apprenaient pas en classe », se satisfait la jeune apprenante.
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Pour transmettre ces savoirs, l’école ne s’appuie pas uniquement sur ses enseignants. Des artisans, des personnes âgées et des responsables éducatifs interviennent également tout au long du mois. Même les responsables éducatifs se sont impliqués dans les ateliers. C’est le cas du chef de la circonscription d’éducation de base (CEB) Bobo 7, Sibiri Coulibaly.
Couteau en main, feuilles de rônier à ses côtés, lunettes bien ajustées, il enchaîne avec aisance les gestes permettant de confectionner un panier. « Vous voyez, c’est un panier. On l’utilise pour transporter les pépinières. J’ai appris cela depuis mon enfance auprès de mes parents », explique -t-il, face à des élèves attentifs. Pour lui, le MAC permet d’« occuper sainement les enfants en leur faisant apprendre les bonnes manières et pratiques de chez nous ».
Les parents et enseignants convaincus
Parente d’élève, Aminata Mandé salue cette initiative qu’elle qualifie de révolutionnaire. « Si le MAC n’existait pas, il fallait le créer. C’est très bon pour nous et surtout pour nos enfants. Cela leur permet de découvrir beaucoup de choses », souligne-t-elle, tout en invitant les organisateurs à pérenniser cette initiative.

Même satisfaction du côté des enseignants. Pour Madi Dondansé, le MAC favorise l’intégration culturelle et permet d’aller au-delà des enseignements purement théoriques. « C’est une très belle initiative. Nous devons travailler à maintenir cette flamme, car c’est vraiment bénéfique », estime-t-il. Pour Aminata Barry, les enfants connaissent de moins en moins leur culture. « Il est important de leur montrer d’où ils viennent et où ils doivent aller », estime-t-elle.
Lancé le 15 juin, le MAC est expérimenté dans les régions du Guiriko et du Kadiogo. Pendant trente jours, les élèves découvrent des pans entiers du patrimoine burkinabè : préparation des mets locaux, artisanat, danses traditionnelles, histoire nationale, respect des anciens, totems ou encore signification des noms.
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Selon Sibiri Coulibaly, l’objectif est de reconnecter les enfants à leur patrimoine culturel. « Nous faisons venir des personnes âgées pour leur apprendre les mets locaux, les danses traditionnelles, les totems, le respect des anciens ou encore la signification de leurs noms », explique-t-il.

La phase pilote du Mois artistique et culturel s’est achevée le 15 juillet. Les organisateurs espèrent désormais mobiliser davantage de partenaires afin d’équiper les différents sites en matériel pour les ateliers pratiques. L’ambition est de faire du Mois artistique et culturel un rendez-vous durable dans les écoles burkinabè.
Les organisateurs espèrent désormais mobiliser davantage de partenaires afin d’équiper les différents sites en matériel pour les ateliers pratiques.
Adama Coulibaly ( Correspondant)
