Tourisme : au SITHO, la réalité virtuelle donne un avant-goût du Burkina

Tourisme : au SITHO, la réalité virtuelle donne un avant-goût du Burkina

Visiter le barrage de Samendeni, découvrir les maisons traditionnelles de Tiébélé ou admirer les cascades de Karfiguéla sans quitter Ouagadougou. C’est l’expérience proposée au SITHO grâce à la réalité virtuelle. Installés sur une chaise à 360 degrés, les visiteurs plongent au cœur de plusieurs sites touristiques burkinabè. Une immersion destinée à leur donner envie de prolonger l’expérience sur place.

Carine Lankoandé déambule entre les stands du pavillon Kilimandjaro, dans l’enceinte du SIAO. Son attention est attirée par des visiteurs assis sur des chaises, un casque sur les yeux et des écouteurs sur les oreilles. Intriguée, elle s’approche et découvre le stand de la réalité virtuelle.

Maria Inès Arlène Ouédraogo aide une visiteuse à porter son casque de réalité virtuelle, Ouaga le 23-09-2026, Studio Yafa

« Quand un visiteur arrive, nous lui expliquons ce qu’est la réalité virtuelle pour qu’il ne soit pas perdu. Ensuite nous lui proposons l’immersion. On le met sur une chaise qui permet de tourner en 360 degrés. Quand nous lui mettons le casque, nous lui mettons des écouteurs pour qu’il puisse être immergés totalement. Dans le casque, une vidéo sera lancée et elle montrera tout le site de l’entrée à la sortie avec les prestations disponibles sur le site », explique Maria Inès Arlène Ouédraogo, animatrice du stand. Une fois installé, le visiteur est placé sur une chaise capable de tourner à 360 degrés. Un casque et des écouteurs lui sont ensuite remis.

Tourisme : Le Burkina dans les yeux de Yafa

Une chaise vient justement de se libérer. Carine est invitée à s’installer. Un peu hésitante, elle prend finalement place. Plusieurs destinations lui sont proposées. Elle choisit le barrage de Samendeni, un site qu’elle n’a jamais visité. Le casque est ajusté, les écouteurs bien placés. Quelques secondes plus tard, le voyage peut commencer.

Carine sourit souvent en faisant des geste. Parfois, elle tourne la tête comme si elle cherchait quelque chose. En moins de cinq minutes, elle découvre le barrage et ses aménagements. « J’ai visité le barrage de Samendeni. C’est très joli. Le décor est comme si on était sur place », raconte-t-elle, enthousiaste.  « C’est magique, c’est exceptionnel », ajoute la touriste virtuelle.

Une vue du dispositif dans le stand, Ouaga le 23-09-2026, Studio Yafa

Pour sa part, Edwige Ouattara, a visité la cour royale de Tiébélé, inscrite sur le patrimoine mondial de l’UNESCO. De sa chaise, elle a fait une immersion dans l’architecture originale kasséna. « Sans y être allée, j’ai découvert Tiébélé. Ça avait l’air réel. C’est vraiment impressionnant. Ça te fait voyager en étant sur place. Je ne savais pas que c’était possible », s’émerveille la visiteuse.

Une immersion encore perfectible

Un autre visiteur arrive, Serge Hermann Ilboudo. Lui choisit de replonger dans ses souvenirs d’il y a plus de 10 ans alors qu’il était en classe de 3ᵉ. Lors d’une sortie au lac Tengrela, il avoue avait été émerveillé par les hippopotames. C’est donc sans hésitation qu’il propose donc ce site quand on lui demande les sites touristiques qu’il voudrait visiter. « J’ai découvert des choses fabuleuses. J’ai vu des trembleuses », dit-il.

Mais l’enthousiasme n’est pas plus expressif que ça. Pour cause, il n’a pas vu ce qu’il s’attendait à voir. « Ce que je n’ai pas pu voir et que j’ai regretté, ce sont les hippopotames. Je m’attendais à les voir. Je voulais revivre des expériences passées », poursuit-il. Par conséquent, il préconise d’améliorer ces aspects pour permettre aux visiteurs virtuels de voir tout ce qu’il y a de beau à voir sur les sites touristiques.

Fatao Napon promet plus de sites à visiter pour les prochaines éditions du SITHO, Ouaga le 23-09-2026, Studio Yafa

Selon Fatao Napon, responsable du stand, c’est une initiative de Faso Tourisme et de l’association e-sport qui permet aux visiteurs du SITHO de faire une immersion sur les sites touristiques du Burkina par le truchement de la réalité virtuelle. Pour produire ces contenus, des équipes se rendent sur les sites avec des caméras capables de filmer à 360 degrés. Les images sont ensuite montées et enrichies, notamment avec une voix off, avant d’être transférées dans les casques de réalité virtuelle, explique-t-il.

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Il précise par ailleurs que tous les sites touristiques du Burkina ne sont pas disponibles en visionnage. « C’est pas à pas. Nous ferons la prochaine fois le maximum », rassure-t-il. Mais en attendant, plusieurs sites comme le lac de Tengrela, les cascades de Karfiguela, le barrage de Samendeni, les dômes de Fabédougou, les sculptures de Laongo, le Mémorial Thomas Sankara sont dans les casques.

Tongnooma Jean Odilon Tiendrébégo plaide pour la vulgarisation de la réalité virtuelle, Ouaga le 23-09-2026, Studio Yafa

En attendant plus de sites, Tongnooma Jean Odilon Tiendrébégo, qui ne connaît ni Banfora ni les cascades de Karfiguéla, se dit séduit par l’expérience. Il a visité les cascades de Karfiguela situées à quelques km de Banfora. Pour lui, cette expérience de réalité virtuelle mérite de continuer au-delà du SITHO.

Il propose notamment de l’installer dans des espaces accessibles au public et dans les écoles. L’objectif étant de permettre aux élèves de découvrir le patrimoine touristique national et, peut-être, de leur donner l’envie de partir à sa découverte.  Car au-delà de l’expérience virtuelle, l’ambition est bien de transformer la curiosité en envie de voyage.

Tiga Cheick Sawadogo

Raïssa Caroline Yélémou