La nuit du 30 septembre au 1er Octobre a été rythmée à Ouagadougou. A l’occasion de la célébration de l’an 4 de la Révolution progressiste populaire, des milliers de personnes ont convergé vers la place de la révolution pour clamer leur fierté et rendre hommage aux forces combattantes. Spectacles, prestations artistiques et présentation des réalisations des autorités sous l’égide du Capitaine Ibrahim Traoré ont bercé le public jusqu’au petit matin.
Dès le marché de Larlé, situé au nord-ouest de la Place de la Révolution, l’ambiance est déjà perceptible. Un important dispositif sécuritaire est déployé. Des policiers redirigent les passants vers d’autres voies. Dans d’autres carrefours, c’est pareil. « Impossible de passer ici. Prenez la voie du marché, il y a un accès vers la Maison du Peuple », recommande un agent de sécurité. Plus loin, à environ 1 km du lieu de rassemblement, un autre contrôle s’impose. Là, il faut présenter un document d’identité et se soumettre à la fouille corporelle.

Dans plusieurs rangs, des hommes, femmes et enfants, venus en groupe ou seuls, s’impatientent. L’affluence s’annonce celle des grands jours. Drapés aux couleurs nationales, de pagnes ou de tee-shirts blancs à l’effigie du chef de l’État, certains ne tarissent pas d’éloges à l’endroit des agents de sécurité. « Chef, nous sommes fiers de vous et nous sommes de tout cœur avec vous pour le travail que vous faites » lâche un homme. Visiblement âgé, il dit avoir fait le déplacement de Balkuy, un quartier à la sortie sud de la capitale. Pas question qu’il se fasse compter l’événement. A 18h, la Place de la Révolution était déjà noire de monde.
Une nuit d’ambiance
Dans un décor illuminé, avec un grand podium installé pour l’occasion, tout est mis en place pour tenir le public en haleine de 18 h à 2 h du matin. Dès 18 h 30, la place est en ébullition avec les premières animations qui donnent le coup d’envoi de la soirée. Le public danse et fredonne les chansons du terroir grâce à la complicité entre le présentateur et la régie . Tchaba tcha de l’artiste Privat est repris en chœur par le public en délire.

Dans cette foule qui se compacte progressivement, il y a Mariam. Venue, dit-elle, avec une amie pour assister à la soirée et vivre le spectacle. « Je suis surtout venue pour suivre les prestations parce qu’il est prévu de nombreux artistes du Burkina et d’ailleurs » fait-elle savoir. Effectivement, des slameurs, humoristes, artistes burkinabè et internationaux performent sur scène. Certains en playback d’autres en live, au bonheur des spectateurs.
Au nombre de ceux-ci figurent les Petits chanteurs aux poings levés. Un groupe musical d’enfants né de la révolution sankariste, et relancé cette année même par la Révolution progressiste populaire.
Spectacles et bilan des quatre années
À partir de 20h, la fête laisse progressivement place à la cérémonie officielle. Elle est marquée notamment par la présentation des bilans sectoriels des quatre ans du MPSR (Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration) 2. Les réalisations et les acquis présentés par les autorités au titre des quatre années sont projetés sur les écrans géants. De l’agriculture à la diplomatie, en passant par la santé, la sécurité et la révolution numérique.
Dans son discours, le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo affirme que cette nuit est avant tout une nuit d’hommage et de reconnaissance au peuple burkinabè et aux FDS et VDP « pour leur soutien et leur esprit de sacrifice ». Et d’ajouter que le « combat mené dépasse le cadre national pour s’inscrire dans une dynamique d’affranchissement et de renaissance pour l’ensemble du continent africain ». En plus des réalisations, cette deuxième séquence de la soirée a mis à l’honneur des modèles de résilience, des figures internationales et de la diaspora.
Depuis Ouagadougou, le public communie également en duplex avec d’autres villes. Sur les écrans géants, l’ambiance est retransmise depuis Djibo, Kaya ou encore Fada N’gourma.
Entre soutiens et attentes
Abdoulaye Soré tient encore malgré la fatigue. Il est debout depuis 19h dans la foule, alors qu’il est 23h30. Les bras croisés, casquette sur la tête, le jeune homme veut exprimer son amour pour la patrie. Il veut aussi témoigner de son soutien au président. « C’est ma façon d’exprimer mon patriotisme et mon amour pour le Burkina. Aussi, c’est d’apprécier tout le travail accompli par le chef de l’État » dit-il pour justifier sa présence à la Nuit de la RPP.

Même son de cloche chez Taram Barké membre de la veille citoyenne communément appelée wayiyan. Il ne tarit pas d’éloges et d’acclamations à chaque fois que l’image du président est projetée sur les écrans géants. « Ce sont des instants qui nous montrent jusqu’à quel point on est fiers d’être des Burkinabè. Et tout ce que nous avons vu ce soir nous rassure que le pays est sur la bonne voie » se réjouit-il.
La plupart des spectateurs se réjouissent des acquis engrangés durant ces quatre ans. Mais, il y a aussi des attentes. Alizèta Kalmogo, elle, souhaite voir la victoire finale sur le terrorisme. Pour elle, il ne faut pas oublier que les attaques terroristes continuent d’endeuiller des familles. « Il y a beaucoup d’efforts qui sont faits, mais on souhaite que d’ici les rassemblements à venir, tous les Burkinabè retournent dans leurs villages », formule-t-elle comme vœu.
Ainsi, de la fête aux bilans, en passant par les témoignages de soutien, la Nuit de la RPP aura mobilisé plusieurs milliers de personnes à Ouagadougou. Mais au-delà des célébrations, certains participants regardent déjà vers l’après. Pour Alizèta Kalmogo, le prochain rendez-vous devra surtout être celui d’un Burkina où les attaques auront cessé. Une situation qui facilitera le retour des déplacés interes dans leurs localités d’origine.
Fayshal Ouédraogo
