La 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) a officiellement ouvert ses portes ce vendredi 30 octobre 2026. Pour les artisans et artisanes, ce rendez-vous est bien plus qu’une occasion d’exposer leurs créations. C’est aussi une opportunité de conquérir de nouveaux marchés, de nouer des partenariats et de faire grandir leurs activités.

Des lits, des chaises, des sacs et même des pots de fleurs fabriqués à partir de calebasses. À chaque édition du SIAO, Kalizéta Ouédraogo repousse les limites de sa créativité. Pour sa quatrième participation, cette artisane spécialisée dans la valorisation de la calebasse a décidé de surprendre une nouvelle fois les visiteurs avec des créations originales. Parmi elles, un lit réalisé à partir de calebasses, de cuir et de paille.

« Mon souhait cette année, sincèrement, c’est de remporter encore d’autres prix. Parce que j’ai amené d’autres merveilles », confie-t-elle avec enthousiasme. Et l’artisane ne manque pas d’arguments pour défendre ses créations. Lors de ses trois précédentes participations, elle affirme avoir été chaque fois lauréate d’un prix. Cette année encore, elle espère voir son ingéniosité récompensée.

Mais au-delà des distinctions, le SIAO représente pour les exposants une occasion de faire connaître leurs produits et de développer leurs activités.

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Germaine Compaoré en sait quelque chose. Promotrice d’une entreprise spécialisée dans la production de Faso danfani, elle participe au salon depuis une dizaine d’éditions. Elle a vu son activité évoluer au fil des années. D’abord membre d’une association, elle dirige aujourd’hui une entreprise dotée d’un grand centre de production.

Germaine Compaoré espère étoffer son carnet d’adresses à l’occasion de cette édition du SIAO,Ph : Studio Yafa

Pour elle, l’intérêt du SIAO ne se mesure pas seulement aux ventes réalisées pendant les dix jours d’exposition. Ce sont surtout les contacts noués et les opportunités qui se présentent après le salon qui comptent.

« À l’issue de ce salon, nous souhaitons avoir un carnet d’adresses plus fourni. Les adresses que nous avons nous rapportent après le SIAO et c’est cela le plus important pour moi », explique-t-elle. Elle espère également montrer aux visiteurs et à ses anciens partenaires les progrès réalisés dans ses productions.

De l’atelier artisanal à une production plus moderne

Cette évolution, Germaine Compaoré l’observe aussi dans les techniques de fabrication du Faso danfani. À ses débuts, elle exposait des bandes de tissu de 30 centimètres de largeur, lourdes et nécessitant un assemblage avant la couture. Aujourd’hui, grâce à des métiers à tisser mieux adaptés, son entreprise produit des tissus plus larges, vendus au mètre.

« Nous sommes toujours dans l’artisanat, mais avec une production plus améliorée », souligne-t-elle. Le travail reste manuel, mais les outils et les méthodes ont évolué pour faciliter la production. Pour la promotrice, cette modernisation est une étape nécessaire. « Il faut aller vers l’industrialisation pour être compétitif sur le marché international », estime-t-elle.

Une ambition qui rejoint le thème de cette 18e édition, consacré aux synergies entre artisanat africain et industrialisation pour une meilleure valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel.

Faire de l’artisanat un moteur de développement

Cette volonté de transformation a également marqué la cérémonie officielle d’ouverture du salon. Dans son discours prononcé par le ministre chargé du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a appelé à faire de l’artisanat l’un des piliers du développement industriel du continent.

« L’artisanat ne doit plus être considéré uniquement comme l’héritage de notre passé, il doit devenir l’un des fondements de notre avenir industriel », a-t-il déclaré.

L’ambition est de permettre aux artisans de passer progressivement de petits ateliers à des unités de production modernes, capables de créer des emplois et de conquérir les marchés internationaux.

« Nous ne voulons pas seulement que le monde admire ce que nos mains produisent. Nous voulons que nos peuples puissent vivre dignement de ce que leurs mains créent », a insisté le chef de l’État dans son message lu par Serge Gnaniodem Poda.

Des perspectives de collaboration avec le Ghana

Pays invité d’honneur de cette édition, le Ghana entend aussi renforcer ses relations commerciales avec le Burkina Faso. Sa ministre chargée du Commerce, Elizabeth Ofosu-Adjare, a exprimé la disponibilité de son pays à conclure un accord bilatéral sur le commerce et l’investissement.

Dans le secteur de l’artisanat, elle a notamment proposé de multiplier les collaborations entre artisans, écoles de design et institutions de recherche des deux pays. Des ateliers communs, des participations croisées aux foires et des initiatives conjointes de promotion des produits pourraient ainsi voir le jour. La transformation locale du coton et du cuir figure également parmi les pistes de coopération évoquées.

Ouvert jusqu’au 8 novembre, le SIAO offre ainsi dix jours aux artisans pour exposer leur créativité, rencontrer de potentiels partenaires et explorer de nouveaux débouchés.

Tiga Cheick Sawadogo