Étalons du Burkina Faso: tolérance zéro selon le sélectionneur Amir Abdou
Le sélectionneur Amir Abdou veut faire prévaloir la méritocratie. Photo: Studio Yafa.

Étalons du Burkina Faso: tolérance zéro selon le sélectionneur Amir Abdou

Le ton est donné. Pour sa première sortie face à la presse en tant que sélectionneur des Étalons, ce lundi 23 mars, Amir Abdou n’a pas cherché à arrondir les angles. Devant les journalistes, le technicien franco-comorien est revenu sa vision de l’équipe nationale à quelques jours de la première confrontation contre la Guinée Bissau.

D’entrée, Amir Abdou a tenu à clarifier les règles du jeu : « L’équipe nationale n’est pas là pour assoir des gens. L’équipe nationale ne leur appartient pas ». Une déclaration qui montre l’état d’esprit du Comoriens et l’état d’esprit qu’il souhaite insuffler au sein du groupe. Dans cette logique, le sélectionneur insiste sur la méritocratie et la performance comme seuls critères de maintien ou d’exclusion.

« L’objectif c’est d’arriver aussi à avoir une équipe assez équilibrée, comme je l’ai dit, l’équipe nationale ce n’est pas une fin en soi, les joueurs qui sont là, s’ils sont bons ils restent, s’ils ne sont pas performants, ils attendent leur tour et ils n’ont qu’à travailler dans leur club », a-t-il expliqué. L’idée est de montrer que personne n’est indispensable, tout se gagne sur le terrain.

Pas de complaisance

La double confrontation face à la Guinée-Bissau débutera le 28 mars 2026 à 18h au Stade du 4 Août de Ouagadougou. Une affiche qui marquera un moment particulier pour Amir Abdou, puisqu’il dirigera pour la première fois les Étalons à domicile. Depuis sa prise de fonction, il s’est déjà rapproché des cadres de la sélection, privilégiant un discours de vérité avec chacun d’eux.

 « L’équipe nationale n’est pas là pour asseoir des gens, l’équipe nationale ne leur appartient pas, nous on est tous de passage, on doit respecter l’institut, le joueur s’il est performant il revient, s’il n’est pas performant, il n’aura qu’à travailler dans son club, et pouvoir aussi être prêt à être sélectionné », poursuit Amir Abdou.

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La liste dévoilée comporte plusieurs nouveautés, à l’image de Lohan Doucet, Elohim Kaboré ou encore du retour de Dylan Ouédraogo. Des choix assumés par le sélectionneur, qui privilégie avant tout l’équilibre collectif. « Et je pense que sur certains joueurs, ce sont des choix d’équilibre au niveau du collectif. Forcément, il y a des joueurs qui forcément n’étaient pas là en sélection depuis un certain temps. Que je suis, que je regarde, que j’échange, que j’estime que peut-être le joueur va pouvoir apporter », a-t-il insisté.

Impliquer tous les joueurs

Au-delà des individualités, Amir Abdou affirme déjà avoir une idée précise de son ossature. Mais pour lui, l’état d’esprit du groupe dans son ensemble est le plus important. « J’ai déjà, entre guillemets, mon équipe en tête. Après, il y a des joueurs de complément. Ce qui est important, c’est l’état d’esprit aussi. Du 12e au 25e qui va être sur le banc, il faut qu’ils aient la même mentalité que les joueurs qui sont sur le terrain. Le douzième ne doit pas être dans une situation de frustration », prévient-il. Pour lui, la réussite passe par une adhésion totale, y compris de ceux qui débuteront sur le banc.

Le sélectionneur revendique également son indépendance dans ses choix. Il se montre catégorique sur ce point : « Je suis le sélectionneur. C’est moi qui ai le dernier mot. Ni le président de la fédération, ni le chargé de com’ ni tel vont m’influencer sur quoi que ce soit. Je vais essayer d’être droit. Direct. Si, comme je l’ai dit, le joueur ne correspond pas au profil que je voulais, forcément, il repartira en club. Il ne faudra pas qu’il m’appelle pour me dire quand je n’ai pas été pris. Tu n’as pas été pris parce que tu n’as pas été bon. Tout justement ».

Bâtir une équipe compétitive

Autre sujet qui a alimenté les débats ces derniers jours concerne le lieu des rencontres amicales. Alors que le président de la Fédération burkinabè de football (FBF) Oumarou Sawadogo évoquait une délocalisation au Maroc, c’est finalement le Stade du 4 Août qui accueillera les matchs. « Pour moi, il était important de jouer ici. On avait plusieurs choix de jouer à l’extérieur. Le stade, depuis qu’il a été homologué, réhabilité. Pour moi, il était important de jouer ici, de retrouver l’atmosphère du public et que les gens viennent au stade et que ce soit une fête pour eux », a-t-il ajouté tout en précisant qu’il n’y a pas de petites équipes.

Amir Abdou nourrit l’ambition de hisser les Étalons dans le top 10 du classement FIFA. Cependant, il reste lucide sur l’enjeu immédiat. Face à la Guinée-Bissau, une double victoire ne rapporterait que peu de points. Mais pour lui, l’essentiel est de bâtir une équipe compétitive et en confiance. « Il faut respecter tous les adversaires potentiellement qui peuvent être joués. Faire cette double confrontation, elle était plus simple pour nous de faire venir deux adversaires où c’est très difficile sur beaucoup de paramètres que je ne peux pas maîtriser. Il est intéressant quand on va pouvoir mettre notre projet en place de jouer cet adversaire-là qui est pour moi de qualité, la Guinée-Bissau », regrette-t-il néanmoins. Ces deux matchs amicaux seront l’occasion pour lui de préparer l’équipe pour les prochains éliminatoires de la CAN 2027.

Boukari Ouédraogo