A Ouahigouya, le bus SOTRACO réduit les distances
Le bus SOTRACO contribue à réduire les retards dans la ville de Ouahigouya. Photo: Studio Yafa.

A Ouahigouya, le bus SOTRACO réduit les distances

A Ouahigouya, environs 180 km de Ouagadougou, les bus de la SOTRACO s’imposent peu à peu dans le quotidien des habitants. Son arrivée dans la ville depuis 2020 facilite le déplacement de la population.

A la Place de la Nation de Ouahigouya, il est 17h. Un bus de la SOTRACO vient de s’arrêter. A bord, des élèves en uniforme, des étudiants et des travailleurs. Certains sont assis, d’autres restent debout, accrochés aux barres métalliques. Dans cette ambiance de fin de journée, chacun semble pressé de rentrer chez lui.

Depuis quelques années, les bus de la SOTRACO font partie du quotidien dans la cité de Naaba Kango. Avec 113 points d’arrêt, ces véhicules facilitent les déplacements dans la ville et réduisent les longues distances à pied ou à moto. Parmi les passagers, Samiratou Kafando, élève en classe de 4e au lycée professionnel régional Naaba Kango. Elle se rend ce matin à son établissement. Depuis qu’elle emprunte le bus, son quotidien à changer.

« Avant, j’arrivais en retard à l’école. Mais depuis que j’ai commencé à emprunter le bus, je ne suis jamais arrivée en retard. Ça nous met en sécurité. Ça permet aussi d’économiser l’essence qu’on mettait souvent en partant à l’école », raconte Samiratou Kafando. Elle considère d’ailleurs le bus comme un moyen de circulation très sûr.

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Un peu plus loin, assis calmement avec sa canne, El Hadj Noufou Porgo, la soixantaine avancée, vient de terminer une course en ville. Pour lui aussi, le bus est une solution pratique et accessible. Dans une ville au Nord du Burkina Faso, il est difficile de circuler lorsqu’on n’a pas de moto ou de vélo. Les moyens de transports comme les taxis sont rares. Il faut parfois recourir aux tricycles, normalement interdit et moyens sécurisés.

Pour les élèves et étudiants, les bus de la SOTRACO évitent les retards. Photo: Studio Yafa.

150 francs CFA pour une course

Mais avec le bus, El Hadj Noufou Porgo se dit désormais soulagé. « Le bus nous est beaucoup bénéfique. Regardez, c’est bien couvert et confortable. En plus, avec juste une somme de 150 francs CFA, tu peux aller partout dans la ville. Et revenir chez toi avec, en tout, une somme 300 francs. Est-ce qu’une aide dépasse ça ? », interroge-t-il tout en espérant que l’initiative soit encore plus étendue.

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L’histoire de ces bus à Ouahigouya remonte à 2020. A cette période, la SOTRACO intervenait uniquement pour desservir l’université. Mais très vite, la demande des habitants s’est fait sentir. « Donc, avec le service de l’université, on s’est rendu compte que la population riveraine et la population de la ville en ont besoin beaucoup. Ce qui fait qu’en 2021, on a ouvert la ligne ordinaire à travers toute la ville de Ouahigouya. Et au fur et à mesure, la population adhère et la demande est très forte.», explique Arouna Maiga, directeur régional de la SOTRACO. Le succès du bus à Ouahigouya encourage les autorités à étendre l’initiative. « On attend la réhabilitation d’autres voies pour étendre les lignes », assure Arouna Maiga.

Quelques difficultés

Aujourd’hui, malgré l’engouement, quelques difficultés persistent. Une partie des usagers, notamment des personnes déplacées internes, ne maîtrise pas encore bien le fonctionnement du transport en commun. « La majorité de nos clients sont des PDI. Ils ne maîtrisent pas comment se déplacer avec le bus. Donc, nous avons des problèmes de monnaie. Comment rentrer ? Comment attendre le bus ? Comment se tenir dans le bus ? Donc, ce sont de petits problèmes comme ça pour lesquels on essaie de sensibiliser au jour le jour », précise le responsable.

Malgré ces difficultés, le bilan reste positif. Pour les responsables, ce qu’il faut surtout souligner, c’est que les bus de la SOTRACO, en plus d’améliorer la mobilité urbaine réduit les risques d’accidents.

Mansour Gassambé