SNC 2026 : Dernières répétitions avant le grand rendez-vous de Bobo-Dioulasso
La troupe laafi la boumbou en tenue faso danfani à la SNC, le 30 avril 2024 à Bobo Dioulasso, © Studio Yafa.

SNC 2026 : Dernières répétitions avant le grand rendez-vous de Bobo-Dioulasso

A la veille de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture 2026, prévue du 25 avril au 2 mai à Bobo-Dioulasso, les différentes troupes se sont bien préparés pour sur l’ensemble du territoire burkinabè pour faire briller chacune la culture de sa région.

A Bobo Dioulasso, ville hôte de cette biennale de la culture burkinabè, semble déjà prêt. Ce soir-là, à l’espace rencontre jeunesse de Dafra, dans le quartier Ouezzinville, les sons des tambours, des balafons et des applaudissements rythme l’espace. Des dizaines de jeunes sur une piste des sports de main, répètent la chorégraphie sous la direction du chef d’orchestre Brahima Sanou. Il guide son équipe dans la construction des différents tableaux. « Je fais les compositions, mais on travaille aussi en groupe pour améliorer les propositions », explique-t-il.

Scène de préparation de la cérémonie d’ouverture de la SNC 2026. Photo: Studio Yafa.

Sur le plateau, près de 250 artistes sont mobilisés. Cela fait plusieurs semaines déjà que l’équipe travaille en parfaite coordination chaque après-midi. Parmi eux, le chorégraphe Oumar Démé apporte également sa touche, faisant des suggestions. Un vrai travail d’équipe. « Nous sommes à environ 50 % du travail. L’objectif est d’atteindre un niveau proche de la perfection », fait-il remarqué. Et plus la date de la cérémonie d’ouverture se rapprochait, les séances se sont multipliés.

Chacun veut donner le meilleur de soi-même pour une cérémonie d’ouverture réussie. En plus, pour ces encadreurs, il s’agit aussi de bien organiser la prestation en respectant le thème de cette édition : « Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales ». Brahima Sanou et Oumar Démé avait aussi assuré la chorégraphie de la SNC précédente.

Les lutteuses de Banfora à la conquête de Bobo Dioulasso

A environs 80 km à Banfora, les troupes se préparent également pour être prêtes le jour J. C’est au stade municipal de la ville que les lutteuses traditionnelles ont choisi de se préparer. Parmi elles, Alexie Kouraogo, étudiante en Lettres modernes. En s’initiant à cette discipline, il ne s’agit pas d’un simple plaisir. C’est aussi un moyen de prouver que les filles ont leur place dans cette discipline dominée par les hommes. « La lutte n’est pas faite pour les garçons seulement. Les filles aussi peuvent participer et montrer leur force », explique-t-elle déterminée.

De jeunes lutteuses de la Banfora en entraînement. Photo: Studio Yafa.

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Elles seront huit à représenter la région des Tannounya dans cette discipline. « Elles ont l’amour du sport et font beaucoup d’efforts. Nous espérons donner une bonne image de la région », espère leur encadreur, Jean Baptiste Zié. Au total, plus d’une centaine d’artistes porteront les couleurs régionales dans plusieurs catégories.

Jongler entre les cours et les répétitions

Cette édition de la SNC accorde une place particulière à la jeunesse. Ainsi, au Nord du Burkina Faso, à Ouahigouya, la troupe Naaba Yaadga junior répète en plein air. Composée d’adolescents, elle prépare sa première participation à la SNC. Les répétitions se tiennent principalement les week-ends pour concilier école et entraînement. « On ne peut pas demander aux enfants de quitter les cours. On s’adapte », explique leur formateur, Idrissa Ouédraogo.

Les élèves de la troupe Naba Yadega junior veulent impresssionner à la SNC. Photo: Studio Yafa.

Malgré un plateau dégradé et un matériel limité, la troupe espère être au top. A 14 ans, Inès Stella Ouédraogo jongle entre devoirs scolaires et répétitions. « J’arrive à m’organiser. Je travaille à l’école et je danse ensuite », assure l’adolescente. La région du Yatenga sera représentée par huit troupes, dont six pour la province du Yatenga.

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A Kongoussi, les répétitions se déroulent dans une salle de classe transformée en espace de danse. La troupe scolaire Manegré, composée d’élèves de CM1 et CM2 de l’école primaire de Lioudougou A, peaufine également sa chorégraphie. A quelques jours de l’ouverture, la troupe assure également ses derniers réglages. « Nous travaillons le souffle et la confiance pour leur permettre d’affronter le public », révèle-t-il. Cependant, la troupe rencontre quelques difficultés pour mobiliser les ressources pour le décor. Mais déjà, se qualifier pour la SNC est déjà une première victoire.

Les huits jeunes filles de la troupe Joddal Lobbal ont déjà tout prévu avant le Jour J. Photo: Studio Yafa.

Dans la région du Séno, la troupe Joddal Lobbal affine aussi ses prestations. Pendant plusieurs semaines, les huit jeunes filles ont répété les différentes chorégraphies pour ne laisser passer aucune erreur. Ils savent que le jury est rigoureux sur les moindres détails à ce niveau de la compétition. Toutes ces troupes rêvent de remporter la première place dans leur catégorie. Mais pour elle, le plus important n’est pas la victoire. Il faut d’abord valoriser les potentialités culturelles de leur région.

Studio Yafa