La 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture s’est ouverte ce 25 avril 2026, au stade Sangoulé Lamizana de Bobo-Dioulasso. Dans une ambiance de grande ferveur populaire. Portée par “Yeleen”, un spectacle réunissant plus de 210 jeunes artistes, cette édition est placée sous le thème “Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales”.
Assis derrière la grande scène, Abou Diaby Kassamba semble déconnecté de l’ambiance dans le stade Sangoulé Lamizana. Il n’est pas soucieux. Bien au contraire. Il est traversé par l’émotion. Le jeune artiste, danseur et chorégraphe, vient de se produire sur scène. Avec plus de 210 jeunes, il a assuré le spectacle d’ouverture de cette 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture. Fier, il l’est.

« On est vraiment fiers d’avoir fait une très belle prestation pour la population du Burkina Faso. Nous-mêmes en tant que danseurs qui étions sur scène, on était déjà dépassés même en dansant parce qu’il y avait de la joie, il y avait vraiment du bonheur », dit-il. En se remémorant certainement le tonnerre d’applaudissements dans le stade tout au long de la présentation de Yeleen (lumière en bambara). C’est le nom du spectacle, concocté par Oumar Démé. Un mélange de contes, de chants, de danse et d’acrobaties.
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Abou Diaby Kassamba n’était pas à son premier grand spectacle. Mais celui qu’il vient de vivre était particulier, avoue-t-il. « C’était vraiment différent par rapport aux autres années. On cherchait vraiment à relever le défi qui était là. Parce que le gouvernement attendait plus que pour les éditions précédentes », explique l’artiste.

Même soulagement chez Sylvie Dalia Sanou. Elle aussi assise derrière la grande scène. Après trois mois de répétition pour présenter Yeleen, elle confesse. ce soir, elle dormira à poings fermés. « C’est comme si on avait quelque chose sur la tête et qu’on l’avait déposé. Oui, je suis très contente. Je suis vraiment soulagée de ce que nous avons présenté ici (…) on avait un peu de stress, mais Dieu merci, tout s’est bien passé », se satisfait la danseuse.
Une ouverture rythmée
Le stade Sangoulé Lamizana de Bobo Dioulasso a refusé du monde à l’occasion. Des artites comme Smarty, Nourat, Nabalüm, Jean Zoé, Dicko Fils, Jahkassa, Privat… se sont succédé sur scène pour communier avec un public qui n’a pas été avare en ovations.

Aussi, les orchestres de la présidence et de la police nationale ont aussi fait montre de leur talent. Pour la première fois, les Petits Chanteurs aux poings levés, nouvelle version, ont livré le premier spectacle d’envergure. Une inspiration des petits chanteurs aux poings levés sous la révolution du Capitaine Thomas Sankara.
Et en attendant de se retrouver sur plusieurs scènes, les différentes régions du pays ont défilé. Une façon de se signaler avant d’entrer en scène pour les Grands prix nationaux des arts et des lettres (GPNAL).
La jeunesse au cœur du 22ᵉ acte de la SNC
« Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales », c’est le thème de cette édition. Comme cela est de coutume, des officiels ont magnifié la culture dans sa diversité. Pour Roland Achille Sow, représentant des parrains, la semaine nationale de la culture est l’occasion de permettre à chacun de mesurer l’importance de la culture comme vecteur de cohésion sociale. Un pont entre générations. Il a souhaité que « les réflexions nourrissent les initiatives concrètes pour renforcer l’éducation artistique et culturelle, promouvoir les talents locaux et préserver les valeurs de la société burkinabè ».

Pendant ce temps, le président de la délégation spéciale de la commune de Bobo, ville hôte de la biennale, se frotte les mains. « La SNC contribue de manière significative au développement local. Par l’affluence qu’elle génère et les activités qu’elle suscite, elle dynamise l’économie, elle valorise les savoir-faire locaux et renforce l’attractivité de notre ville sur les plans culturel, touristique et économique », s’est-il réjoui. Il a ainsi invité les festivaliers à profiter pleinement de cette semaine. Pour célébrer la diversité, renforcer l’unité et magnifier le génie créateur du peuple burkinabè.
La Diplomatie par la culture
Le Ghana est le pays invité d’honneur de cette 22ᵉ édition de la SNC. Un choix qui, selon le ministre en charge de la culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, n’est pas un fait du hasard. Le Burkina et le Ghana ont la même vision, a-t-il dit. Celle d’une Afrique qui avance en s’appuyant sur ses coutumes, ses valeurs communautaires et sa mémoire collective.
« La culture burkinabè ne s’enferme pas sur elle-même. Elle s’ouvre, elle dialogue, elle se nourrit des autres cultures pour mieux affirmer sa propre identité », précise le ministre Ouédraogo.

Au-delà de la fierté d’être pays invité d’honneur, le Ghana voit dans la biennale de la culture burkinabè une adresse au monde. Pour la ministre en charge de la culture du pays invité d’honneur, Abla Dzifa Gomashie, « le Burkina Faso adresse au monde entier un message fort, celui d’un peuple résilient, debout, confiant dans sa culture comme socle de résistance et d’espérance ». Comme son homologue du Burkina, elle estime que les peuples burkinabè et ghanéen sont liés par une histoire ancienne. Des valeurs communes et des proximités culturelles profondes et séculaires.
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Dans un contexte national marqué par des attaques terroristes, Abla Dzifa Gomashie soutient que la SNC « révèle la capacité du Burkina Faso à transformer l’épreuve en force et à faire de la culture un levier de cohésion sociale et de rayonnement continental ».
C’est par trois coups de tambour que le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, a donné le coup d’envoi officiel de cette biennale de la culture. Elle s’étendra jusqu’au 2 mai 2026 avec plusieurs activités au programme.
Tiga Cheick Sawadogo
