Le Burkina Faso connaît désormais ses adversaires pour les éliminatoires de la CAN 2027. Logés dans le groupe F avec le Bénin, la Mauritanie et la Centrafrique, les Étalons héritent d’un tirage jugé abordable, mais qui appelle à la prudence selon le sélectionneur Amir Abdou.
Dans une salle de presse du Stade du 4 Août, l’écran est déjà allumé, les regards tournés vers le tirage de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027. Quelques instants plus tôt, le sélectionneur des Étalons, Amir Abdou, venait d’annoncer une liste de 25 joueurs convoqués pour affronter la Russie et la Biélorussie en matchs amicaux. Sans véritable pause, il rejoint les journalistes pour suivre la retransmission du tirage au sort en direct depuis le Caire en Égypte, où se trouve le siège de la Confédération africaine de football (CAF).
L’air détendu, il échange brièvement avec quelques journalistes, tout en gardant un œil attentif sur l’écran. Le tirage avance, les groupes se dessinent progressivement. Lorsque le groupe des Iles Comores apparaît dans le groupe G composé de la Namibie et le Congo, le technicien franco-comorien esquisse un léger sourire, comme un clin d’œil à ses origines. Le tirage continue jusqu’à l’entrée en scène des équipes du chapeau 1, celles considérées comme favorites.
Tirage favorable mais piégeux
Avant ces derniers tirages, une courte présentation de ces nations. « C’est notre tour maintenant », lâche Amir Abdou, avec un sourire. « Il ne faut pas que le Burkina Faso soit dans le groupe des Comores », lâche un journaliste taquin. Le sélectionneur qui comprend l’humour rétorque à son tour: « Pourquoi pas ? ».
Quelques secondes plus tard, le nom du Burkina Faso apparaît. Les Étalons héritent du groupe F en compagnie du Bénin, de la Mauritanie, une sélection que le coach connaît bien pour l’avoir dirigée, et de la Centrafrique. Dans la salle, quelques applaudissements éclatent. Sur le papier, les Étalons semblent avoir une belle carte à jouer pour décrocher l’une des deux places qualificatives.
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A chaud, Amir Abdou livre une première analyse, sans triomphalisme. « C’est un groupe intéressant. Il y a de très bons adversaires », avoue-t-il. Car malgré un tirage jugé abordable, l’ancien sélectionneur des Comores reste prudent. Il attire notamment l’attention sur le Bénin, adversaire en pleine progression, qui avait atteint les huitièmes de finale lors de la dernière CAN au Maroc, comme le Burkina Faso. « Quand on voit ce qu’ils font actuellement, le Bénin propose de très belles prestations. Il y a de la qualité dans cette équipe. Ça va être une belle affiche », prévient-il. Amir Abdou rappelle également que leur sélectionneur, Gernot Rohr, connaît bien la maison burkinabè pour avoir déjà dirigé les Étalons.
Faire preuve de prudence
La Mauritanie quant à elle, évoque des souvenirs plus personnels. Amir Abdou y a exercé comme sélectionneur, notamment lors du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023 en Côte d’Ivoire (disputée en 2024). A cette époque, son équipe s’était inclinée face au Burkina Faso sur un but du capitaine Bertrand Traoré. Mais, la Mauritanie avait sortie l’Algérie pour se hisser pour la première fois en huitième de finale. « C’est une équipe de qualité, avec de bonnes individualités. Il faudra être présents. Jouer là-bas n’est jamais simple, entre la pelouse synthétique et l’ambiance. C’est un petit chaudron », explique-t-il nostalgique à l’idée d’y retourner.
Quant à la Centrafrique, Amir Abdou se veut tout aussi prudent. « C’est une équipe qui se cherche, mais qui se bat. Il ne faut surtout pas l’enterrer », insiste-t-il, avant de rappeler une réalité bien connue du football africain : « Tous les matchs à l’extérieur sont difficiles. Il n’y a pas de petites équipes ». A la sortie de la salle, les réactions des journalistes vont dans le même sens. Pour Antoine Yaogo de la Radio rurale, le tirage est globalement favorable. «On ne pouvait pas espérer mieux. En étant tête de poule, cela nous a permis d’éviter certains gros morceaux, explique-t-il tout en nuançant, le football se joue sur le terrain ».
Une bonne préparation avant l’entame
Même prudence chez Franck Aristide de Ouaga FM, qui estime que les Étalons ont les moyens de sortir de ce groupe « sans grande difficulté », à condition de bien se préparer et de rester concentrés face à ces équipes dites plus modestes. Il se rappelle que le Burkina Faso n’avait pas disputé la CAN 2019 en Égypte après un match nul en Mauritanie.
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De son côté, Adama Salambéré insiste sur la rigueur à adopter en ne négligeant aucune équipe. « Il faut prendre tous les matchs au sérieux, surtout à l’extérieur où c’est toujours compliqué », analyse Adama. Il considère la Mauritanie comme l’adversaire le plus difficile, tout en espérant que la connaissance du terrain par Amir Abdou constituera un avantage. « Mais il ne faut pas négliger le Bénin », insiste-t-il.
Les éliminatoires débuteront en septembre 2026. En attendant, les Étalons vont affiner leurs automatismes à travers deux matchs amicaux contre la Russie et la Biélorussie au mois de juin prochains. Deux rendez-vous qui serviront de répétition générale avant d’entrer pleinement dans la bataille pour la CAN qui se tient pour la première fois en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda.
Boukari Ouédraogo
