À Ouagadougou, les barrages retrouvent un second souffle
Une vue partielle du barrage de Tanghin, Ph: Studio Yafa

À Ouagadougou, les barrages retrouvent un second souffle

Les abords des barrages de Ouagadougou offrent un nouveau visage. Les installations qui occupaient les berges ont été démantelées dans le cadre des opérations de curage et d’aménagement engagées par les autorités. Au-delà de l’amélioration du cadre de vie, ces travaux visent à restaurer la capacité des retenues d’eau, à limiter les risques d’inondation et à améliorer durablement la qualité de la ressource.

Ensablement, pollution chimique, dégradation des berges, etc., les barrages de la ville de Ouagadougou ont longtemps fait face à ces phénomènes causés par l’humain. Au barrage de Tanghin, ce dimanche 26 juillet, un vent doux et frais se dégage. Quelques passants à pied regardent avec admiration ce nouveau visage des abords du barrage. « C’est vraiment propre et il n’y a plus de saletés autour », salue une passante.

Anas Zoromé, riverain, est aussi tout heureux. « Nous sommes vraiment contents de cette initiative d’assainir le barrage. À mon avis, le barrage vit et respire mieux maintenant », dit-il. Ce changement de visage répond à plusieurs objectifs. Lors du lancement des travaux en mai 2026, le ministre en charge de l’Eau, Ismaël Sombié, avait fait savoir que le curage des barrages vise à prévenir les inondations, mais aussi à restaurer leur capacité de stockage afin de réduire le déficit en eau potable que connaît Ouagadougou.

Toujours selon le premier responsable du ministère en charge de l’eau, le barrage de Tanghin a perdu plus d’un million de mètres cubes de capacité à cause de l’ensablement. Il compare ce volume à près de 90 000 camions de 20 m³. Une situation qu’il attribue à la fois au vieillissement de l’ouvrage et aux activités humaines développées autour des retenues d’eau.

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Des bébits de boisson, des garages, des boutiques… étaient installés aux abords du barrage de Tanghin. Ana Zoromé, indiquant du doigt, un gros matériel de fer, s’offusque de l’occupation des abords par les débits de boissons. « Certains commerçants avaient même installé de gros matériels de fer. On sait que la souillure du fer peut avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement aquatique », fait-il savoir.

Ibrahim Coulibaly, riverain et menuisier de métier, salue également cette renaissance du barrage grâce aux travaux menés par l’Agence de l’eau du Nakambé en collaboration avec la commune de Ouagadougou et la Direction régionale des ressources en eau et de l’hydraulique, avec le concours de l’Agence nationale des barrages et des aménagements hydro-agricoles. Au-delà de la protection de l’environnement, le menuisier estime qu’il s’agit là d’un ouf de soulagement dans la lutte contre le paludisme.

« Il y a des moustiques chez nous durant toute l’année à cause des activités autour du barrage », informe-t-il, l’air agacé. À l’en croire, l’occupation anarchique et illégale de ces lieux a, au fil des années, créé des désagréments pour eux qui vivent non loin de là. Avec un brin d’humour, mais surtout un soulagement, Ibrahim dit recevoir maintenant de l’air frais chez lui quand il est au repos.

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Il estime qu’avec ce grand changement, l’eau sera moins polluée et même que l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) pourrait certainement exploiter ces ressources et desservir Ouagadougou en eau potable. Cette perspective rejoint les objectifs affichés par les autorités. Selon le ministre Ismaël Sombié, la station de pompage installée sur ces barrages ne peut plus jouer pleinement son rôle en raison de la dégradation de la qualité de l’eau. Il rappelle que Ouagadougou fait face à un déficit quotidien de 57 000 m³ d’eau potable.

De l’avis du géologue Boukary Sawadogo, le curage ne se limite pas à l’amélioration du paysage. Il permettra de restaurer progressivement la capacité de stockage des barrages, de réduire l’ensablement et de préserver la qualité de l’eau. Selon lui, la protection des berges reste indispensable pour éviter que les retenues ne se dégradent à nouveau sous l’effet des activités humaines.

Pour les riverains, les premiers changements sont déjà visibles. Les autorités, elles, espèrent que ces travaux permettront aussi de redonner aux barrages leur rôle dans la prévention des inondations, l’approvisionnement en eau et la préservation des écosystèmes.

MoussoNews avec Studio Yafa