La préparation de la fête de ramadan a bien commencé à Bobo Dioulasso, à l’Ouest du Burkina Faso. Les marchés, les boutiques et salons de coiffures sont pris d’assaut par la clientèle. Par contre à Banfora, l’ambiance est plus calme en attendant que le croissant lunaire soit aperçu.
Dans les allées du marché de légumes de Yegueré à Bobo-Dioulasso, les échangent entre vendeuses et clients se font entendre. L’affluence a doublé par rapport aux jours précédents en attendant la confirmation de la fête de ramadan ou pas pour le lendemain. Mariam Traoré, assise derrière ses tas de tomates et d’oignons ne cache pas sa fatigue.
« Aujourd’hui, Dieu merci, ça marche bien. Depuis ce matin, je ne me repose même pas », explique-t-elle en servant une cliente. Les discussions s’animent souvent autour du prix des produits. Mariam reconnaît que les tarifs ont légèrement augmenté, mais cela ne freine pas les achats : « Les gens veulent bien manger pour la fête, donc ils achètent quand même », ajoute-t-elle, heureuse de voir ses efforts récompensés.
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Non loin de là, le marché de la volaille du quartier Petit-Paris est tout aussi animé. Les poulets et pintades changent rapidement de mains. Les clients jaugent, négocient et emportent leurs achats quand l’accord est conclu. Issa Ouattara, vendeur, peine à suivre le rythme tant l’affluence est grande. « Depuis hier, c’est la course. Les clients viennent de partout. Même si c’est cher, ils prennent quand même. La fête, c’est une fois dans l’année », raconte-t-il, malgré satisfait.
Les sucreries vendus comme de petits-pains
Dans les boutiques, les casiers de sucreries se vident à vue d’œil. Awa Sanou, gérante, s’active pour réapprovisionner ses rayons. « Depuis le matin, les gens viennent acheter en quantité. On se dépêche de réapprovisionner sinon tout finit vite », assure-t-elle.

Mais la fête, c’est aussi les beaux habits. Dans son magasin, Oumar Konaté constate une forte affluence et se réjouit de voir les retardataires se presser pour leurs achats. « Il y a ceux qui avaient déjà acheté, mais il y a beaucoup de retardataires. Les ensembles pour enfants sont les plus demandés », observe-t-il. Certains clients, comme Aïssata Diallo, n’ont pas eu le temps de venir plus tôt. « Avec le travail, je n’ai pas eu le temps avant. Je suis venue aujourd’hui pour finir les courses », dit-elle, un sac à la main.
Prudence à Banfora

A Banfora, à environ 80 km de là, l’ambiance est plus calme. Au grand marché du secteur 7, la fréquentation reste modérée, comme le constate Maïmouna Koné, vendeuse de légumes : « Tout au long de cette année, ça va, on peut dire que le marché est lent par rapport aux autres jours », explique-t-elle, en espérant que la fête se déroule bien.
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Dans les salons de coiffure, la prudence des clients se fait également sentir. Apolline Kinda, coiffeuse, remarque que les réservations restent limitées. « Cette année n’est pas du tout comme les autres années. Les clients sont calmes par rapport aux autres années. Mais dès que la fête sera vraiment confirmée, on sera débordé », espère-t-elle. Beaucoup attendent en effet la confirmation officielle de la date, qui pourrait tomber vendredi ou samedi.
Si certains secteurs sont plus calmes, les ateliers de couture restent très actifs. Dans son atelier du secteur 3, Massadjami Soulama organise son travail pour écouler le plus de stock possible d’habits prêts-à-porter. « Quand le moment des fêtes arrive, tu sais également le nombre de tes produits que tu peux écouler. Cela même est bénéfique, je dirais », explique-t-il. Même si tous attendent l’annonce de la fête par la structure chargée de scruter le ciel, certains fidèles ont déjà commencé à s’envoyer des vœux par anticipation.
Mamou Ouédraogo et Daboukoye Héma, collaborateurs
