Rentrée scolaire à Ouahigouya : les inscriptions avancent, les affectations en sixième inquiètent
Après la réception des dossiers, place à la vérifaction

Rentrée scolaire à Ouahigouya : les inscriptions avancent, les affectations en sixième inquiètent

À quelques jours de la rentrée, fixée au jeudi 1ᵉʳ octobre, les parents d’élèves de Ouahigouya multiplient les démarches pour garantir une place à leurs enfants. Si les inscriptions au primaire se déroulent globalement bien, les affectations en sixième suscitent l’inquiétude.

Il est à peine 8 heures à l’école primaire publique Souli C, au secteur 1 de Ouahigouya. Nous sommes dans la région du Yatenga. Une dizaine de parents patientent déjà en file indienne. La scène a quelque chose de rituel. L’enfant tenu par la main gauche, le billet de 1 000 francs CFA serré dans la main droite. Tous attendent leur tour devant la commission de recrutement.

Le directeur de l’école primaire publique Souli C ( en blanc) prépare activement la rentrée scolaire avec son équipe

Les opérations démarrent quelques instants plus tard. Salamata Ganamé, la cinquantaine, ouvre la marche. Mais pour elle, la matinée tourne court. Faute de document d’état civil, son enfant ne peut pas être inscrit sur-le-champ.  « Je suis venu inscrire un enfant, mais je n’ai pas pu. Ils disent d’envoyer un extrait de naissance. J’ai entamé les démarches pour l’extrait, mais je n’ai pas encore eu gain de cause. Ils disent donc d’envoyer le carnet de santé de l’enfant », explique-t-elle.

Malgré ces quelques contretemps, le bilan de la matinée reste positif. Le directeur de l’école, Rasmané Ouédraogo, se veut rassurant, tout en pointant les limites de son établissement, victime de sa réputation.  « Il y a beaucoup d’enfants, alors qu’on n’a pas assez de salles de classe. On a aussi des difficultés au niveau du personnel. Mais comme c’est une école de référence, les gens viennent, chacun veut inscrire son enfant ici » , souligne le premier responsable de l’établissement.

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Face à cette forte demande, l’école a fait le choix de l’ouverture. « Nous aussi, nous sommes devenus une action sociale. On prend de tout », résume le directeur, qui ajoute que l’extrait de naissance est obligatoire pour l’inscription, en plus de 1 000 francs pour le conseil de l’école.

Pour Boukaré Maïga, déplacé interne, cette rentrée ne génère aucune angoisse. Ses enfants bénéficient d’un accompagnement de l’État. « Nos enfants bénéficient du soutien de l’État en ce qui concerne les fournitures scolaires et la cantine. De notre côté, nous contribuons pour les frais de scolarité ». Une contribution revue à la baisse, salue Boukaré : « Avant, on payait 2 000 francs. De nos jours, c’est devenu 1 000 francs, et ça représente la contribution pour le fonctionnement du conseil de l’école. Nos enfants n’ont jamais été chassés pour des frais de scolarité non payés » .

Au post-primaire, le casse-tête des affectations

Si tout semble aller pour le mieux au primaire, le tableau est tout autre au post-primaire. En cause, l’affectation des élèves admis au concours d’entrée en sixième.  Dans les couloirs de la Direction provinciale de l’enseignement post-primaire et secondaire du Yatenga, de nombreux parents confient leur désarroi. Tous espèrent obtenir un ajustement avant le jour J.  « Mon enfant a été affecté au lycée Yadega. Pourtant, il voulait le CEG (Collège d’enseignement général, Ndlr.)  de Bagrin. C’est pour ça que je suis venu ici. Pour le moment, le problème n’est pas encore résolu », regrette un parent d’élève.

Un autre dénonce la confusion créée par la publication de deux listes successives. « Avant même le certificat d’études primaires, il avait choisi Yamwaya comme premier choix. Lui, il veut être ici, à Yamwaya. Sur la première liste, son nom était affiché ici. J’ai pu voir un enseignant qui m’a confirmé qu’il faisait bien partie de cette liste. Mais après, ils sont venus avec une deuxième liste », explique-t-il, l’air désemparé.

Résigné, il ajoute que « Si on l’oriente dans un autre établissement, bon, on n’a pas le choix ». Pour cette nouvelle année scolaire, le directeur provincial de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle du Yatenga, Salam Ouédraogo, appelle l’ensemble des acteurs à rester mobilisés pour rehausser le taux de réussite de la province aux examens de fin d’année.  La rentrée pédagogique est prévue pour le jeudi 1ᵉʳ octobre.

Mansour Gassambé, correspondant à Ouahigouya