Douze ans après la catastrophe, le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi 28 septembre, la compagnie espagnole Swiftair à une amende de 225 000 euros pour homicides involontaires. Le parquet avait requis cette peine au terme de trois semaines d’audience en mars.
Swiftair était propriétaire du McDonnell Douglas MD-83 qui s’est écrasé dans le nord du Mali le 24 juillet 2014, sous pavillon Air Algérie. Aucun des 116 occupants n’a survécu. Six membres d’équipage et 110 passagers, dont 23 Burkinabè, ainsi que des Français, des Libanais et des Algériens.
Selon les juges, les manquements de Swiftair dans la formation et l’entraînement de son équipage ont « contribué de façon certaine à l’accident ». Le commandant de bord n’avait pas suivi la session de remise à niveau obligatoire sur l’antigivrage. Lui et sa copilote, employés comme saisonniers, reprenaient du service après plusieurs mois d’inactivité.
Cette nuit-là, l’appareil traversait une zone orageuse. Le système d’antigivrage n’était pas activé, des cristaux de glace se sont formés dans les capteurs de pression et ont provoqué la décélération automatique des moteurs. Faute de réaction adaptée de l’équipage, l’avion a décroché.