La 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), qui se tient du 30 octobre au 6 novembre 2026, attire des milliers de visiteurs. Mais derrière l’effervescence des pavillons et des espaces de restauration, la gestion des déchets constitue un défi quotidien. Entre 2 et 3 tonnes de déchets sont collectées chaque jour sur le site. Une tâche assurée notamment par des femmes qui travaillent dès les premières heures de la matinée, malgré les risques et les comportements inciviques de certains visiteurs.
Il est 9 heures au SIAO. Les allées pavées et les pavillons sont déjà propres. Les visiteurs circulent entre les stands, sans forcément imaginer le travail accompli quelques heures plus tôt. Dès 3 ou 4 heures du matin, des femmes vêtues de blouses vertes s’activent pour débarrasser les lieux des déchets accumulés la veille.
Derrière les pavillons, les déchets collectés sont entreposés dans un espace de dépôt. Sachets plastiques, emballages alimentaires, bois de brochettes et bouteilles cassées s’y entassent. L’ampleur des déchets produits témoigne de l’intense activité commerciale et de restauration qui accompagne cette biennale de l’artisanat africain.
Arnaud Christian Paré, responsable de l’entreprise chargée de l’hygiène et de l’assainissement du site, estime que les équipes ramassent quotidiennement entre 2 et 3 tonnes de déchets. « Chaque jour, on ramasse 2 à 3 tonnes de déchets. La plupart, environ 90 %, ce sont les kits [emballages]. Il y a aussi les bois de brochettes et des bouteilles cassées qui blessent les dames malgré les gants », explique-t-il.
Des conditions de travail difficiles, aggravées par l’incivisme
Au-delà des quantités importantes de déchets, les agents de nettoyage doivent composer avec des comportements qui compliquent davantage leur travail.
Certains visiteurs abandonnent leurs ordures dans les allées, tandis que d’autres utilisent des sachets ou des bidons pour leurs besoins naturels. Des couches usagées sont également jetées dans les toilettes.
Gombila Kaboré , l’une des femmes chargées de maintenir le site propre, déplore ces pratiques. « Les gens jettent, ils pissent dans les bidons, chient dans les sachets, jettent les couches dans les toilettes. Ce n’est pas simple. C’est nous qui devons tout rendre propre. On a besoin d’un peu d’aide », confie-t-elle.
Ces comportements rendent les tâches de nettoyage particulièrement pénibles et exposent les travailleuses à des risques sanitaires. Les objets tranchants, notamment les bouteilles cassées, constituent également un danger, même lorsque les agentes portent des gants de protection.
Dès 3 heures du matin pour rendre le site propre
Pour que les visiteurs découvrent un site accueillant à l’ouverture des pavillons, certaines femmes commencent leur journée alors que la ville dort encore. C’est le cas de Bibata Ouédraogo, venue de Manga spécialement pour travailler pendant le SIAO. Elle témoigne des sacrifices consentis par ses collègues et appelle les visiteurs à faire preuve de civisme.
« Franchement, les femmes qui nettoient ici souffrent. Certaines viennent à 3 heures, d’autres à 4 heures. On demande aux gens de faire pardon. On ne veut plus que les gens pissent et chient dans les sachets. Ce n’est pas intéressant. On veut que le Burkina soit propre », lance-t-elle.
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Malgré la pénibilité de leur travail, ces femmes poursuivent leur mission pour maintenir la propreté du site tout au long du salon.
Avec plus de 800 000 visiteurs attendus durant cette 18e édition, le SIAO représente aussi un défi en matière d’assainissement. La consommation de produits alimentaires et l’utilisation d’emballages à usage unique contribuent à l’accumulation quotidienne de déchets, dont une grande partie n’est pas recyclable.
Cette situation soulève la question de la gestion des déchets lors des grands rassemblements publics. La réduction des emballages jetables, l’utilisation de contenants réutilisables et une meilleure sensibilisation des visiteurs pourraient contribuer à limiter les quantités de déchets produites.
Danielle Coulibaly
